Col d'Ourdis Ayguës-Cluses Bat d'Ourdis

Faire un carton !

À en croire les oracles, les versants qui ne voient pas le soleil vont garder tout leur potentiel de fraîcheur. Parfait, j'y vais ! D'abord, il faut avaler les presque huit kilomètres qui me séparent du port. Cela me laisse largement le temps d'apprécier les nuances d'un enneigement qui laisse à désirer, mais aussi de constater, côté adret, l'incroyable fraîcheur de la neige ; certes, le soleil n'insiste pas longtemps.

Après cette bucolique balade de cent quatre-vingt minutes, il est temps de descendre… À reculons. Les pointes faisant consciencieusement le job, elles se plantent frénétiquement et avec conviction, mordent de leurs dents de scies acérées glace et sorbet ; quant à la cartonnée, j'évite de m'y prendre les pieds.

Autour des skis pour la suite, Bat d'Ourdis pas une seule trace… Pas de bol, la poudre vendue froide n'est en fait qu'une vulgaire frittée serrée blottie entre une succession de plaques gelées, qui ne se donnent pas la peine de se transfigurer ; au bout, la piste est là, les skis retrouvent des sensations, ils carvent grave.

Un tour antihoraire bâclé !

Tournaboup 1450 m, 9h31, -5,5°.

Les températures négatives occupent le terrain, le blanc hivernal d'hier commence à rebrousser chemin, le vallon d'Eth Coubous souffre d'un enneigement déficitaire (comme précisé par les techniciens du BERA), donc un déchaussage de 1656 m à 1709 m pour passer la piste au ruissellement de glace, puis malgré le peu de neige le vallon d'Aygüe-Cluses déroule, sur une trace ski/raquette qui se dirige vers le refuge. Dès 2000 m, la couche de neige récente est présente : 20 cm d'une neige encore poudreuse. À 2100 m, en quittant le chemin tout tracé, me voilà dans l'obligation de faire le mien jusqu'au col ; celui-ci s'est délesté d'une plaque. À 2394 m, les crampons pour franchir le dit col et basculer versant N, toujours avec les outils pour descendre le ressaut gelé jusqu'à 2356 m. Chaussage des skis et descente en rive droite jusqu'aux pistes sur une neige qui a la frite, la tassée avec excès n'était pas du genre conviviale, tout le contraire du versant opposé, le vent a eu gain de cause.

Un secteur qui ne fait pas recette, une trace de montée au couloir W du Pic Allemand.

Départ 9h31/Retour 13h37 T. montée : 3h00 T. parcours : 3h56

Beau, étonnamment presque sans vent.