Pic de Péguère Couloir tribord

Elle est enfin là !

Certes, mais loin d'effacer le déficit dénoncé quotidiennement par les experts du climat. Pourtant, nous attendions cela ! Le risque, revers de la médaille, est toujours de quatre et ne laisse rien présager de léger en matière de sécurité. Dans un premier temps, à brasser comme des verrats dans cet amas, nul besoin d'incriminer le vent ou quoi que ce soit, mais une fois sortie de cette lilliputienne forêt engorgée, qu'en est-il ?

En l'occurrence, les corridors menant à la cime, qui a perdu son accès belle époque (voir commentaires), sont loin d'être en charge d'abondance, juste un enneigement sans outrance, mais sait-on jamais, le haut ne nous dévoilant pas ses secrets, nous nous gardons de pénétrer les pentes au-delà des références du méthodique Werner Munter.

Ayant bien ahané dans la première montée et exploité la deuxième moitié par une descente qui donne à la commissure des lèvres un rictus emprunté à la baie jaune incurvée, nous nous octroyons l'ultime remontée, qui cette fois s’y déroule ; s'ensuit la seconde plongée tout aussi craquante que l'initiale, avec en prime neige et brouillard et, bien entendu, au ressaut d’en bas le fond anachronique qui se rappelle à nous.

De mieux en mieux !

Cambasque 1345 m, 10h10,-2°.

Sur la route, la question se pose : quand est-ce que la neige va cesser ? Au Cambasque, la réponse vient en filigrane, les nuées s'ouvrent lentement laissant place à un beau temps vite expédié, puisque, au bout de 3 h, comme c'était parti, c'est revenu et la neige s'est remise à tomber. En ce qui concerne l'enneigement, c'est blanc ; comme il n'y avait pas grand-chose dans le secteur, cela pourrait passer pour pléthorique, mais il n'en est rien. 35 cm relevés à la croupe de Cuyela donnent une fausse idée de la réalité, le terrain n'étant pas une prairie exempte de blocs qui n'ont rien d'erratiques ainsi qu'une pléthore de rhododendrons, de genévriers et consorts. Il faut atteindre le replat à 1650 m pour trouver la clef, un support avec une belle couche de neige fraîche et légère qui compense grandement l'effort consenti à enfourner dans la végétation bien présente.

L'isard nous a fait la démonstration de ces capacités à traverser avec facilité les couloirs NW du Péguère.

Départ 10h10/Retour 13h48 T. montée : 2h26/3h11 T. parcours : 3h38

Les nuées laissent place au beau temps, mais les nuées reviennent, montent rapidement, le brouillard est là bien dense, il neige.