Soum de la Yègue Couloir NE

Le jour d’après !

Trop tard, l'évènementielle poudre d'hier a laissé place, avec un certain regret, à un salmigondis qui, comme un vieux chewing-gum, vous colle aux dents. La recrudescence de températures négatives liées à des chutes neigeuses appropriées laissait présager que cela pouvait se prolonger, mais non, sieur Mercure en a voulu tout autrement, avec l'aide douteuse d'une inversion frontale ; pas le moindre doute, la neige se liquéfie.

À n'en pas douter, aujourd'hui, le bon plan n'était très certainement pas pyrénéen. À notre grand regret, l'hermétique ravin d'Ilhéou n'a pas su garder le froid glacial qu'on lui connait, donc avec une bonne dose d'insistance, aidé en cela du fart à froid, nous avons réussi à négocier à quatre-vingts mètres près une Yègue bien dosée question H₂O. Qu'allait-il en être dans le sens inverse ? Le champ de boulettes était bien, puis, en passant sous la barre des dix-neuf cents mètres, la voilà qui demande conviction et énergie pour rejoindre le plat pays. Nous avions les arguments, restait à les utiliser.

En attendant mieux !

Cambasque 1350 m, 9h38, 3°.

Prévisible et visible évolution qui fait dire que c'était mieux hier, une certaine forme de douceur humide règne au Cambasque, faut-il s'en offusquer et tourner les talons, ou aller voir de quoi il en retourne. Premier contact avec cet amoncellement de blanc, il va falloir s'y coller. À 1550 m, nous quittons la trace confortable qui chemine vallon d'Ilhéou pour sillonner la combe NE, bien évidemment sans la moindre trace. S'ensuit 95 conversions partagées inéquitablement avec mon solidaire partenaire, bien entendu la plus grosse part lui revenant ; de plus, il était question de botter, heureusement Colltex ayant trouvé la parade avec sa paraffine spéciale anti-bottage, quoique. Donc une lente progression accompagnée d'une température qui monte avec rapidité, d'où les coulées parasites émanant de l'éperon N du Leytugouse et puis celle pour conclure, la directe du Soum de la Yègue, nous sommes à 2205 m, stop. Descente, bien jusqu'à 1900 m, puis plus technique ; le collant support doit y être pour quelque chose, la piste glisse, en tout cas suffisamment jusqu'au Cambasque, qui voit son effectif stationné passer à plus de vingt.

Croisé dans la descente, le quartette au féminin qui appréciait le fait de ne pas avoir à tracer.

Départ 9h38/ 12h19 T. montée : 2h14 T. parcours : 2h41

Une belle couverture nuageuse qui laisse transpirer quelques modestes éclaircies et occasionnellement des gouttes, qui tombent avec parcimonie.