Pic de Cuneille

Une attente constructive !

Les conditions humiliantes (pour le commun des skieurs) de ces dernières quarante-huit heures ayant bien humidifié le manteau neigeux, il fallait une averse neigeuse bien sentie pour remettre d'aplomb ce manteau quelque peu chahuté. En ce jeudi treize, c'est chose faite : la chute, bien qu'un peu radine, redonne un tant soit peu le potentiel requis pour faire du ski.

Cuneille, depuis hier, était programmé. Nous remontons sereinement la vallée d'Aure jusqu'à la bâtisse douanière désertée depuis trente-deux années. Là, pas de quoi rendre envieux qui que ce soit, les transitions sont inéluctables et difficilement évitables ; par contre, après, il en est tout autrement. Le cirque de Prat offre deux alternatives négociables. Rive droite, Augas idéal pour les jours de big powder, et rive gauche, la pinaie au socle redressé pour le normal powder day.

Nous y sommes, la pente s'accentue, les pins à crochets masquent volontairement l'effet quarante-cinq degrés (100 %), puis s'ensuit la longue litanie de lacets ponctués des sempiternelles conversions qui inévitablement se terminent à la cime. Quant à la descente, malgré l'attaque surprise d'un squale, qui va devoir renouveler son râtelier, et ma pomme, calfater le semellesque graphite, elle fut bonne ; à faire !

Cuneille ont sètz !

Pk D173 1550 m, 9h48, 0°.

La montagne a retrouvé une tenue d'aspect hivernale, la température juste au point d'équilibre et le saupoudrage qui a fait cesser l'inflation des pluies, toujours la cession chaussage déchaussage passage de la passerelle puis du ressaut et chaussage définitif à la piste de Lacouéou 1633 m. Saupoudrage sur la piste trafollée jusqu'au Cortail de Prat. Passé celui-ci c'est 5/10 cm de poudreuse sur le fond ferme, la montée du ressaut d'accès à la croupe NW les couteaux ne sont pas de trop, s'ensuit la croupe, là l'épaisseur stabilisée à 10 puis de 2350 à 2500 m en expo au vent, la neige fraîche est loin de recouvrir l'échine aux cailloux, passé ce secteur on gagne en épaisseur et la partie finale on ne peut plus parfaite. Du sommet RAS jusqu'à 2500 puis vigilance de mise sur les 150 m, qui n'empêche nullement les squales en goguettes de venir se frotter aux semelles parfaitement fartées, en suite malgré le peu une descente nickel et cela jusqu'à retrouver la piste trafollée.

Doublé un groupe de raquettiste sur la piste. Un trio composé de deux homo sapiens et d'un canis lupus se dirigeait vers Augas.

Départ 9h48/Retour 13h22 T. montée : 2h42 T. parcours : 3h34

Beau, une journée parfaite d'hiver.