Pic de Saint André Couloir du dièdre ocre
C'est dans la boîte !
Le fond de chaîne : à en croire les webcams, la neige s'y est accumulée. Allons voir cela d'un peu plus près. D'abord stationner en suivant au pied de la lettre les instructions des placiers, sinon… rien ! Ensuite, prendre l'itinéraire consacré aux raquettes/ski-randonnée qui vous dépose sur le plateau. Là, toujours rien de particulier, si ce n'est que la neige se réchauffe elle aussi.
Nous y voilà, cinq années sont passées à deux jours près, le couloir est toujours à la même place ; par contre, l'enneigement, bien que déficitaire, est meilleur que lors de la précédente visite. Certes, c'est du réchauffé, mais au moins il va m'offrir la possibilité d'y faire les virages convoités. La montée, bien qu'exigeante, liée à ce bottage intempestif, n'est pas démesurée et le point culminant est à ma portée.
Le moment attendu, la neige là où la pente est dénuée d'intérêt, versant nord, a gardé une fraîcheur estimable ; j'y suis, je bascule dans ce fameux couloir dièdreux, celui qui me faisait tant botter à la montée, qui se skie avec un plaisir non feint, s'ensuit la déclivité de l'arche prononcée, un virage sauté aux petits oignons me met dans le bon sens et c'est parti pour le 52°, la neige forcément printanière me conforte dans l'idée que 52 est une bonne année, d'où l'enthousiasme que je mets dans la pente évacuatoire.
Couloir de garde qui se bonifie !
Espécières 1830 m, 9h19, 4°.
La montée par la piste dédiée donne le ton : la neige décaille gentiment, au Plateau de St-André la confirmation, le cône de déjection bien exposé permet de le gravir en ski moyennant 30 conversions et ainsi d'éviter jusqu'au dernier moment de brasser dans la neige humidifiée. À 2400 m, passage aux crampons/piolets, ça brasse à peine ; par contre, ça se redresse au point de dépasser 52° juste avant l'arche. La rampe de sortie offre une largeur suffisante pour l'évolution de la descente. La pente garde le cap des 45°, reste le final en neige poudreuse humidifiée, là ça botte sévère jusqu'à sortir à la crête, la suite déroule entre neige ressaisie sur les vieilles traces et la poudreuse froide jusqu'au point culminant. Un A/R au col S pour confirmer à ma partenaire la descente du couloir, chaussage au St-André et descente de la crête pour retrouver l'entrée du couloir, pente supérieure à la poudreuse humide qui se skie facile, puis la rampe avec le passage de glace suffisamment recouvert suivi du goulet sous l'arche avec un virage pour être dans le bon sens, s'ensuit la partie à +50 à la neige printanière et le cône de déjection, le tout en neige lisse.
Pendant ce temps Jo faisait la montée en A/R au col 2550 m. Rencontre de l'octantais pouzacais Jean-Louis qui lui aussi faisait l'aller-retour au col S.
Départ 9h19/Retour 12h18 T. approche 2400 m : 1h23 T. montée Couloir du Dièdre : 40' T. parcours : 2h59
Beau agrémenté d'une brise de SW qui fait baisser le ressentie.