Pène de la Glère Face NE
À la Glère m'en allant promener !
Les planètes sont alignées, mais en partant avec un temps de retard, celles-ci risquent fort bien de provoquer le décalage spatiotemporel qui va m’être fatal. L'embellie se termina brutalement, hélas, elle eut suffisamment de temps pour faire perdre à la neige fraîchement tombée ; les vertus cardinales de la poudreuse hivernale.
Entretemps, la complexe climatologie locale m'a laissée l'opportunité d'effectuer le pourquoi je m'étais rendu là. Comme dit ci-dessus, avec un pareil alignement, il ne me fallait surtout pas passer à côté d'une telle festivité. Ça commence bien, une trace préexistante m'amène non loin de ma Pène, je poursuis sans réelle difficulté jusqu'au moment où la glace se répand. Avec mes dispositifs de prédilection, la pente s'efface, mais, dessous, le caillou subsiste, là sera l'interrogation de la descente.
L'avantage, parce qu'il y a un avantage, c'est que les skis, qui sont de sacrés outils, ont tendance à effacer là où il semblerait que les indices sont susceptibles de vous faire douter, donc, une fois dans la pente, il faut leur faire confiance et à vous de suivre en restant vigilant.
Que faire, après la Glère !
Anéou D934 1725 m, 9h32, -1°.
Le Cirque d'Anéou revêt sa tenue de camouflage préférée, version hermine, la température n'est pas en reste puisqu'elle s'affiche en négatif, pour le coup la neige tout juste tombée sera-t-elle restée fraîche. Les traces se répartissent dans les divers vallons, celui de la Glère compte la sienne, à 2112 m, je la quitte pour rejoindre mon objectif, à 2218 m, le fond gelé me fait permuter, la suite avec les pointes qui sont bienvenues, la couche de fraîche recouvre la glace puis les dalles de calcaire gris avant de rejoindre la rampe garnie qui me conduit à la cime. Au sommet, le constat est évident : les nuages reviennent en force par le SW, transition, paré pour la descente ; la partie supérieure qui a bien pris le soleil est déjà en cours d'humidification avancée, les escargots déboulent, partie médiane en changeant de versant, là, c'est mieux, la pente s'accentue et avec elle, les difficultés qui vont avec. Je ressors un Gully, pour passer le moment délicat des dalles à peine recouvertes puis de la glacée ; après, c'est terminé, ça roule, la poudreuse ayant quand même perdu une part de son pouvoir. Cependant, suffisamment pour continuer à imprimer un éphémère graphisme, n'ayant de valeur que celle accordée par le calligraphe patenté.
Départ 9h32/Retour 12h17 T. approche : 1h26 T. montée Face NE : 24' T. parcours : 2h45
Beau entre les nuées qui ont vite colmaté la brèche.