Crêtes de la Pègue
Ne pas se fier aux apparences !
Selon la rumeur qui court, les pluies auraient massacré impunément le manteau dit neigeux et rendraient celui-ci impropre au ski. Cela étant, malgré une motivation en berne, le saupoudrage généralisé redonne des couleurs voire des nuances, ainsi qu'un regain d'allant nécessaire pour faire la Pègue.
De plus, au cours de la manœuvre, le gris neigeux cède involontairement la place au bleu d'un ciel devenu lumineux, la neige n'étant pas en reste, et n'ayant pas perdu de temps : elle a ripoliné avec le succès qu'on lui connaît, monts et merveilles, de quoi pallier les manquements des brusques changements.
Comme la montée nous ayant été facilitée par l'intrusive trace des échappés du Béarn, ne nous restait qu'à tirer les marrons du feu et profiter des combes vierges de chez vierge, pour faire ce que l'on ne sait pas faire de mieux, courbes et courbettes, une façon comme une autre, de congratuler à notre manière cette poudre exceptionnelle.
Les oracles ne se trompent guère !
Tournaboup 1450 m, 9h16, 0°.
Vite fait, bien fait. Après la pluie, la neige est revenue redonner une ambiance hivernale à ce printemps qui débute façon giboulée. Difficile de s'extirper de l'ambiance ouatée des sièges chauffés alors que, dehors, le vent pulse à l'horizontale les flocons qui ne font que passer. Au-dessus de Super-Barèges, quittant la piste bleue Labach, les nuages battent en retraite, le bleu finit par s'imposer, la couche de fraîche a lissé promptement les indélicatesses pluvieuses de la veille. La trace générée par les Béarnais arpente avec une certaine volonté le parcours ; à 2345m, ils montent à la brèche, nous montons au dôme de la Pègue, le vent s'enhardit. Première descente, la directe Face NE, premier virage hésitant : la fraîche a pris un coup de chaud, puis de mieux en mieux, voire excellente. 2275m , les peaux sont rétissentes, nous remontons prestement dans la trace qui se recouvre lestement. À la brèche 2415 m, dépeautage : la deuxième se prépare. Deuxième descente : dès les premiers mètres, l'humidification se fait sentir, puis en basculant versant N, c'est de la pow, rien que de la powpow, les thalwegs sont redoutablement excellents, même le mur de Campana tire son épingle du jeu, les pistes collent un peu.
Merci aux traceurs basco-béarnais, qui valeureusement ont assuré sans rechigner ; normal, ils étaient seuls devant !
Départ 9h16/Retour 11h52 T. montée : 1h44/2h11 T. parcours : 2h36
Couvert neigeux/venteux, l'ouverture, et s'ensuit le grand bleu.