Pic de Caoubère Le Couloir d'Angle Couloir des Toys

Les incertitudes doivent-elles nous faire renoncer ?

Comme la réponse ne tombe pas toute faite, le meilleur moyen d'en être certain, c'est d'y aller voir. Évidemment, dans un premier temps, les pistes n'ont rien de réalistes, tout au plus un aperçu d'un regel éventuel.

Au sortir de celles-ci, le doute n'est plus permis ! Il va sans dire que, selon la tendance actuelle, après les chutes répétées, la douceur est de mise, d'où cette transmutation rapide qui permet d'accepter sans trop broncher, le coup de blanc, posait poliment. Avec un bémol : les versants surexposés se délestent de leur escargot en trop. En évitant ceux-ci, la montée se fait sans souci, tout en gardant un œil aux gastéropodes qui peuvent débouler comme des fusées.

Comme pour les montées, on finit toujours par y arriver : j'ai le privilège de fouler Caoubère vierge, de plus chose rare, avec son enneigement éloquent. Je me permets de chausser au sommet et d'entamer direct le canal, qui, lui aussi, s'octroie le droit de faire une courbe, celle-ci le menant par un dernier effet de manche en droite ligne à la Bat convoitée.

Surtout pas !

Tournaboup 1450 m, 8h59, 0°.

Re-recouche de blanc pas très importante, mais celle-ci se superpose aux précédentes pour donner une épaisseur plus que conséquente, et ainsi moins de possibilité de croiser les squales relégués aux grandes profondeurs. Le weekend a été fructueux à la vue de toutes les virgules émaillant les pentes d'accès Bat de Barrère, qui émanaient toutes de la Pègue ; nulle trace versant S de Caoubère, d'où cette opportunité d'aller tracer ce sommet. La neige fraîche atteignant les 20 cm s'humidifie à la vitesse de la lumière, les couloirs S se purgent, donc la crête SW me permet d'accéder à la cime en contournant quelque peu le problème. Du sommet, descente directe du couloir d'Angle via la bat de Caoubère : la poudreuse est moins épaisse (10/15 cm) et le fond ferme, du bon ski tout de même, transition à 2236 m, et la montée dans la trace en place qui rejoint le col de la Borne. Dépeautage et la descente brève du NE et virer Couloir des Toys, il est rempli repu, pour le coup la branche de droite jamais pratiquée jusque-là, avec cette poudreuse magique de la dernière semaine de mars. Le couloir des Gazex, là moins bien : la croûte sous-jacente demande un certain contrôle de la courbe. Au cône de déjection, tout rentre dans la normale. La poudreuse douce me ramène à la rouge.

Pendant ce temps, Jo faisait en A/R la Crête de la Pègue.

Départ 8h59/Retour 12h13 T. montée Pic de Caoubère : 2h27 T. montée Col de la Borne : 2h52 T. parcours : 3h14

Le beau qui s’ennuage malencontreusement.