Crête de Campana Couloir en S
Pour la visibilité c’est raté !
Le ciel qui devait se partager entre nuage et éclaircie, mais qui n'en fait qu'à sa tête, a opté pour la version fog. Là au moins, pas de jaloux, une nuance équitable de bas en haut et de haut en bas, à chacun de trouver l'équilibre avec son système vestibulaire.
La neige, quant à elle, fait la moue en bas et la soi-disant fraîche qui passé le point de saturation s'éloigne de plus en plus du niveau zéro. Toujours cet effet du brouillard, qui a tendance à transformer tout ce qu'il enveloppe en H₂O, en moins de temps qu'il n'en faut.
Aujourd'hui, malgré l'enneigement excédent par rapport au 25 mars 2024 pas de quoi pavaner pour autant, tout au plus satisfait de sortir et ainsi d'éviter de rouiller sur le canapé.
S de satisfécit !
Tournaboup 1450 m, 9h22, 1°.
À Tournaboup, ça sent la fin d'un cycle : la neige au droit des remontées, ou plutôt ce qu'il en reste, est d'une consistance humide. Au sortir de la piste, la couche de fraîche sur le support qui n'a pas fini sa mutation porte suffisamment. La danse du brouillard bat son plein. La montée dans ces conditions de visibilité amoindrie m'a demandé plus de temps qu'il ne me fallait pour atteindre le pied du couloir (qui a l'avantage indéniable d'être toujours à la même place) : à 2363 m, stop les conversions, passage aux Sarken/Gully pour la tranche matinale du brassage consentit. Les 25 cm du début passent au 40 cm, puis 70/80 cm au bloc en travers, difficile de m'en extirper ; la rampe finale et la sortie à la crête 45/50 cm, dans une purée de pois qui inhibe le panorama. Avec cette épaisseur, de quoi hésiter. À l'accumulation sous la crête, premier virage, la stabilité est de mise ; va pour un enchaînement à tâton : le bloc recouvert passe nickel. S'ensuit une succession de virages sans trop savoir où vont les skis : le S se décline déjà le rocher penché, c'est la sortie, la visibilité nulle. Je suis ma trace de monter sans trop chercher à comprendre, il me faut sortir de ce labyrinthe. Au mur de Campana, c'est neige profondément humide, par contre la piste, malgré son aspect neige pourrie, glisse.
Rencontre sur la piste bleue du Bastan de l'équipe CAF Tarbes, partage de la montée jusqu'au thalweg avant la piste de Labach, après silence radio.
Départ 9h22/Retour 13h35 T. approche : 2h18 T. montée Couloir en S : 53' T. parcours : 4h13
Couverture nuageuse et brouillard d'une densité variable allant de dizaines de mètres à pas plus loin que le bout de son nez (une appréciation totalement dans le brouillard).