Haute Route Chamonix - Zermatt : Sens W → E
Jour 1 : Départ de Lausanne, le train part et on se fait contrôler, on se rend compte qu'on a les deux oublié de prendre un billet. Heureusement la contrôleuse est super sympa et ne nous fait pas payer d'amende (exceptionnel) On arrive vers 9h à bourg saint pierre, c'est parti pour 2000d+, la journée s'annonce longue. Dans la première partie, y'avait vraiment pas beaucoup de neige du coup on a fait du STT (ski tout terrain), sur l'herbe, sur les cailloux, dans la boue. Les cares crissent contre la roche, ça fait mal au cœur. On traverse un ruisseau du coup on doit déchausser, j'ai l'impression d'être dans une expédition himalayenne. On arrive enfin sur de la neige potable, on s'engouffre dans un espèce de canyon. Dans ce canyon,le chemin longe un torrent, à plusieurs endroits, il faut passer d'un coté à l'autre par des ponts de neige qui sont vachement frêles. Dans la sortie du torrent, Marine glisse et déchausse, ça fait déjà la 3ème fois depuis le début, les cares sont à refaire ? En tout cas sa technique est absolument parfaite donc le problème de vient pas d'elle. Arrivés en dehors du canyon, on admire avec épouvante le nombre de conversion qu'il nous reste à faire pour arriver à la cabane de Valsorey, on décide de casser la croûte pour reprendre quelques forces et alléger un peu le sac à dos. Le Mont Vélan a vraiment de la gueule depuis ici, on voit aussi la cabane du Vélan, ça donne des idées pour une prochaine sortie. On se remet en route, je décide de tracer pour essayer de rattraper le groupe de devant, c'est un cuisant échec mais je suis quand même satisfait de mon rythme de 700d+ en une heure ! Arrivé à la cabane je pose mon sac et redescend pour donner un coup de main à Marine que j'ai lâchement abandonné pour ce challenge futile. On remonte ensemble à la cabane et on se prend un thé froid (7.50 les 50dL ça fait mal aux fesses). C'est reparti pour le dernier push, plus que 600d+ et on est au bivouac Musso. Les premiers 300d+ se font bien en ski, puis on fait la fin avec les skis sur le dos. On arrive au col non sans laisser toutes nos forces sur le chemin. Manque d'oxygène? Sacs lourds? Déjà une belle journée dans les jambes? En tout cas on a bien douillé, une pause pour reprendre son souffle tous les 10 pas. Le bivouac est très stylé au bord de la falaise. Au bivouac, on se fait un bon petit plat de couscous, ça réchauffe. On trouve aussi le classique: la bible de la montagne. Ce livre est dans toutes les cabanes des Alpes. Au dodo, emmitouflés sous 3 couvertures et avec une gourde-bouillotte sur les pieds on est bien.
Jour 2: Réveil aux aurores, ressenti -20 degrés dans le bivouac, aucune envie de sortir de mes 3 couvertures, on traine un peu. La nuit a été pas ouf, mais pas pire. Finalement, le porridge excellent du matin finit de nous réveiller et nous motive à quitter notre abri 5 étoiles. On laisse pleins de trucs au bivouac, pas spécialement envie de tracter des portions de couscous et un réchaud au sommet du Combin. Et puis on s’en va, évidemment bien plus tard que l’heure prévue (ce serait pas une sortie normale sinon). Nos skis sont toujours là (yeah), on colle les peaux et on entame une première partie de la montée de la face sud à ski. Il y a des traces déjà, elles paraissent bien bien raides vu d’en bas, mais bon ça devrait le faire. Heureusement la trace est pas trop gelée, mais mes vieilles peaux qui glissent sur la glace et collent plus au skis atteignent vite leur limite, je sors les couteaux. Une ou deux conversion plus tard, mes peaux ne sont même plus sous mes skis, le constat est sans appel, je finirai cette montée à pied. J’aurais pu partir dès le début à pied, ça m’aurait économisé un bon bout de temps. On enfile donc les crampons et on laisse nos chers skis sous des rochers. Vu la tête de la face, on est pas trop tentés de les emmener avec nous au sommet. Paul part devant faire la trace dans une neige bien molle, ça va être long. Et moi je suis, toujours un peu à la traine. Cette fois les sacs sont pas lourds, mais je rame quand même (on va dire que c’est l’altitude). La neige devient plus dure, jusqu’à être de la bonne vieille glace granita, et la pente est de plus en plus raide, et on est toujours pas encordés. Mais on monte, bien lentement. On atteint le petit col, on sait pas trop par où passer : dans la face? par l’arête? Finalement ce sera l’arête pour la centaine de mètres restants. Pas trop de neige et quelques points nous rassurent. L’arrête est belle, en bon rocher, ça vaut le détour. Le vent s’est mis à souffler et ça caille par contre. On s’encorde enfin pour un seul pas un peu expo sur l’arrête, puis la toute fin redevient facile. Enfin le sommet du Combin de Valsorey, quel plaisir. Par contre il est déjà midi, l’heure tourne. Cette face nous a pris bien plus de temps que prévu, il faut encore la redescendre et rejoindre Chanrion. On décide de ne pas aller au Combin de Grafeneire. Pour la descente, on décide de tirer un rappel pour le pas expo, puis on désescalade la suite, parce que pour les rappels, la corde se coince partout et ça va nous prendre des heures. Un autre petit rappel nécessaire à la fin puis on se retrouve sur la pente de neige à nouveau. La neige n’a pas trop changé heureusement, mais la partie du haut bien glacée nous force a être assez vigilants et à avancer tout doucement. La partie du bas est plus molle, on avance mieux. De retour aux skis, la journée est loin d’être finie, même si dans nos têtes ce n’est plus qu’une simple descente jusqu’à la cabane de Chanrion. On regagne tout d’abord notre cher bivouac pour récupérer les affaires et manger un bout. On tarde pas trop. On entame la descente et on reparte rapidement pour le col de Sonnadon. Cette montée là, on l’avait anticipée, donc ça va bien. Ensuite on descend le glacier du Mont Durand. Panorama de fou, neige dégueu, mais pas grave, on profite à fond. On arrive à un replat, et on comprend vite qu’il va falloir à nouveau mettre les peaux. Cette traversée là, on l’avait pas anticipée, et elle fait un peu mal au moral. Mais l’appel de la cabane bien chaude et du souper est plus fort. Au col, on rebascule en descente, et on aperçoit enfin la cabane!! La neige est toujours aussi dégueu et l’ambiance toujours aussi cool. Paul s’improvise freestyler et nous fait un beau vol, plus de peur que de mal mais il y laisse un leash de ski. Hâte d’en finir avec cette journée à rallonge. Arrivée en bas du vallon après une petite descente en pente nord où la neige était enfin correcte, et puis dernier repeautage pour monter à la cabane. Les topos disent « montée rapide », nous on a trouvé ça long… A la cabane, il fait chaud, on est super bien accueillis et on se pose enfin. Quelle journée!! Le couscous-tomate-thon au réchaud est vraiment très très bon. On engloutit un plaque de chocolat en 5 minutes tout en organisant le lendemain. La météo annoncée est moyenne, on va pas prévoir de folies. Ce sera glacier d’Otemma, col des Vignettes, pigne s’il fait encore beau et descente à Arolla. On part se coucher à 21h.
Jour 3: La nuit en cabane gardiennée est vraiment royale, il fait bon chaud. Pas besoin de galerer avec les frontales. Y'a des toilettes... En plus, la cabane de Chanrion est spécialement cosy. Au petit déjeuner, c'est le classique porridge bien bourratif. A 6h30, on est déjà sur les skis. Petite descente oklm où on descend comme des chèvres parce que la neige est carton. On remet les peaux et c'est parti pour 15km de montée jusqu'au col de Charmotane, voir plus si affinités avec la météo. Dans le canyon à l'angle de la Pointe d'Otemma, il y a un petit ouvrage hydroélectrique qu'il faut longer sur une pente raide et un peu verglacée, fidèle à elle même, Marine finit en bas de la pente non sans se cogner la fesse contre un rebord en béton. Ça me fait penser qu'il faut que je lui redemande si sa fesse va mieux. Après cette mésaventure, il y an encore un bout de pente verglacée a longer mais cette fois? C'est au dessus d'un lac artificiel, du coup la glissade n'est plus permise, heureusement on est passés sans encombres. Puis, une longue ligne droite nous attend. Pour faire passer le temps, je nomme dans ma tête tous les sommets que je connais. Après environ 200, je ne suis plus capable d'en citer un seul. J'ai la Haute Cime qui me vient pour la vingtième fois en tête. Arrivés au col, on decide d'aller essayer le Pigne, puis arrivés vers la plaque commémorative du drame de la haute route, le vent commence à bien souffler, la météo commence gentiment à se dégrader, en plus dans un lieu avec un passé spécialement glauque on décide de ne pas forcer et on redescend. Le schuss sous les séracs se fait tout seul, pas besoin de remettre les peaux. On arrive à Arolla, on englouti le reste de nourriture qu'on a avec nous et on choisit de faire du stop en attendant le bus qui arrive dans 2h. La première voiture s'arrête, un italien super sympa qui rentre chez lui, il peut donc nous déposer à Martigny! La chance. A la maison, je décide de regarder le documentaire sur le fameux drame de la haute route. J'en avais beaucoup entendu parlé mais je ne l'avais jamais vu. Quelle horreur, je remercie Marine d'avoir proposé de faire demi-tour sous le pigne.
Neige carton, un peu de poudreuse sur la redescente du deuxième jour
J1: départ 9h, arrivée 17h, J2: départ 7h30, arrivée 18h J3: départ 6h30, arrivée 12h30
Sublime j1 et j2, s'est dégradé j3 avec des nuages et beaucoup de vent
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