Aletschhorn : Arête SW

Parce qu’on sy’ prend un peu à la dernière minute, que toutes les cabanes sont completes, et que la météo est un peu plus sure par là bas, on choisi l’Aletschorn pour ce weekend là avec Martin. Un petit appel à la gardienne nous conforte dans notre idée: d’après elle, l’arrête SW sera parfaite lundi. Le topo est clair pour nous: une ascension pas trop compliquée mais assez longue à en voir le d+. On ne prête pas forcément attention à cette petite remarque discrete notée en fin de topo, « la course se fait bien sur 3 jours au lieu de 2 ». Pour nous, pas de questionnements, ce sera en deux jours, de toute manière on doit être rentrés mardi, donc pas le choix.

J1: On part donc en tp de la maison, direction Blatten. C’est dimanche, pas de benne pour Belalp, au moins on aura économisé 7 francs. A Blatten c’est l’été, donc on enlève toutes les couches, on charge les sacs à dos, et on entame la montée à 9h30. Première étape Egga, les sentiers sont acrobatiques car la forêt semble avoir été ravagée par une tempête récente et les sacs se font ressentir. On a hate de chausser les skis. Pour la redescente dans les couloirs on décide de passer par le chemin du bas: a priori un peu moins de dénivelé perdu, et on a espoir qu’il y ai moins de neige, car d’après les rapports récents, le chemin du haut nécessite les crampons, et nous, on a bien envie des garder les chaussures de trail aux pieds. Par le bas ça passait bien, on a pu garder nos chaussures de trail même si quelques pas quelque peu hasardeux dans les névés nous ont demandé un peu de concentration. Cette nouvelle vallée est magnifique et sauvage, on s’arrête en haut des chalets pour un picnic. A ce stade, le seul truc chiant, c’est qu’on a toujours pas mis les skis, et qu’au vu de la suite on est pas prêts de les mettre bientôt. On commence à comprendre pourquoi le retour le lendemain va être long… On reprend notre chemin qui alterne entre sentier paisible et bien tracé et marche dans les restes d’avalanches assez énormes où il faut trouver les traces des précédents passages. On arrive finalement au petit col avant la courte redescente sur le glacier. A cet endroit, il y a enfin de la neige, on s’arrête donc pour mettre les pompes de ski. A ce moment là, il est environ 13h30 et on croise une cordée qui descend. Pour résumer, ils ont fait l’Aletschorn, il faisait moche mais les condis de neige étaient top, l’arrête est toute en neige, mais par contre ils nous confirment que c’est une longue journée pour eux. En effet, ils avaient l’air bien crevés. On croise rapidement une deuxième cordée. Eux, ils avaient l’air complètement morts. Ils nous ont confirmé les bonnes conditions mais ils étaient clairement au bout du rouleau. Ces rencontres nous ont préparés mentalement pour le lendemain. On se dit qu’on aurait pu mieux lire le topo et les distances à parcourir, mais bon on continue notre chemin vers la cabane, heureux d’enfin pouvoir chausser les skis et d’alléger nos sacs. Sur le glacier, c’est un long plat/pleins de bosses un peu interminable qui mène jusqu’au pied des échelles. C’est long mais pas déplaisant et on admire le paysage. Plus on avance, plus on comprend pourquoi cette course est longue. Des deux cotés du glacier, ça purge en permanence, l’ambiance dans cette vallée est assez austère. Bref on atteint enfin le pied des échelles, on se fait une petite via ferrata de fin de journée qui après tout ça semble pas si petite et on arrive enfin à l’Oberaletschutte vers 16h30. Le soir on engloutit nos tups respectifs: salade de pates pour martin et riz, thon, pesto pour moi (Le tup de martin avait l’air meilleur).

J2: Le réveil sonne à 2h15, bol de céréales (pas ouf) et premier petit imprévu: la frontale de Martin n’a plus de piles. Coupe d chance; il y a un pot de piles usagées dans la cabane. Après quelques tests, Martin trouve des piles qui semblent fonctionner et on sort à 3h15 de la cabane. Le plan se déroule comme prévu: descente des échelles, courte descente à ski en visant les catadioptres et rapidement on met les peaux. On profite d’un petit rocher pour déposer quelques affaires inutiles pour la suite. S’en suit une longue traversée nocturne du glacier jusqu’à atteindre la première pente que l’on monte rapidement par une trace de montée nickel, bien qu’un eu gelée par endroits. Arrivés en haut, on profite d’une courte pause pour s’encorder (un peu tot mais au moins c’est fait). On poursuit notre traversée et on se fait vite dépasser par une autre cordée, partis une heure après nous. Ils ont pas de temps à perdre. On atteint la partie un peu raide du glacier. Il y a une bonne trace mais c’est bien gelé. On enfile les couteaux et on s’engage dans une traversée bien flippante dont on se souviendra. Mais tout se passe bien et on finit par atteindre le pied de l’arrête, où l’autre cordée s’apprête déjà à s’engager. Nouvelle courte pause, on sent déjà l’altitude mais on est pas prêts à s’arrêter la. On est plutôt dans les timings prévus. L’arrête qui était censée être du mixte est complètement en neige, un veritable escalier, bien qu’on s’enfonce parfois et que c’est assez fatigant à grimper. Plus on monte, plus on ralentit le rythme, on est vraiment crevés. Une autre cordée nous dépasse dans la montée, mais avec un peu de mental, on finit par atteindre le sommet vers 11h, bien fumés. On tarde pas trop, le descente de l’arrête à pied déroule et vite on retrouve nos skis, en plein dans un nuage. Pour la descente à skis, on passe à droite des séracs que l’on a contourné par la gauche à la montée. Descente à vue donc. Sauf qu’on est dans la purée de pois et qu’on voit rien. On se contente de très doucement suivre les traces des précédents, qu’on distingue à peine, dommage car la neige est bonne. Moment un peu flippant qui se termine vite puisqu’on finit par sortir du nuage et par voir un peu plus loin que nos pieds. La descente jusqu’au glacier d’oberaletsch se passe bien, sur de la belle moquette. La dernière pente est couverte de gueules de baleine qui ne demandent qu’à partir, on traine pas trop. On arrive en traversant à ne pas trop pousser sur les batons pour atteindre nos affaires laissées là plus tot. Enfin le picnic!! On choisit de remettre les peaux pour la traversée du glacier. Bien que ça descende, l’enchaînement de bosses et de replats nous laisse penser que sans les peaux, on va pousser sur les batons et que ça va être épuisant. On avance finalement à la meme vitesse qu’un autre groupe qui a décidé de ne pas les mettre. De notre côté, on a préféré notre stratégie. Plus tranquille et confortable. A la fin du glacier, il faut remettre les skis sur le sac pour la courte remontée expo au dessus du torrent. Un guide devant nous fait des marches parfaites pour ses clients, dont on profite bien!! On arrive alors au moment où l’on doit décider si on remonte à Belalp pour tenter de récupérer la benne qui descend à 16h50 ou bien descendre à pied jusque Blatten, comme à l’aller. Après une petite verification de l’horaire, on se dit qu’on aura jamais la benne et on choisit l’option marche. Ce qui signifie qu’on peut retirer les chaussures de ski. Une fois les pieds confortablement installés dans les baskets et les sacs chargés à bloc, on entreprend la longue marche jusqu’au bus. Les épaules se font bien ressentir, mais le vallon est sauvage, il y a des bouquetins partout. La dernière remontée avant Egga nous achève définitivement. A Egga, on avait l’espoir de faire du stop mais apparement personne ne descend de ce village à 18h. On ira donc jusqu’à Blatten à pied, après presque 16h d’effort, avec des douleurs un peu partout mais pleins de souvenirs en tête et déjà l’envie d’y retourner!!

Merci Martin pour la belle sortie, promis la prochaine sera plus courte :)

montée cabane: Neige à partir de 2200m, portage jusqu'au glacier donc. Presque plus de neige sur le sentier de descente entre Egga et le hameau d'oberaletsch. sommet: dans la première pente au dessus du glacier d'oberaletsch, des plaques ne demandent qu'à partir (gueules de baleine). arrête SW complètement en neige magnifique en top condis, neige couic, mais avec les températures qui remontent ça ne va pas durer longtemps...

pas de vent, soleil le matin, couvert dans les hauteurs l'après midi