Aiguille Verte : Couloir Whymper
Jour 1 : Départ de Montenvers sous les regards ahuris des touristes. On remonte la mer de glace jusqu'à arriver aux échelles, qu'on reconnaît avec un carré jaune sur la paroi. Plot twist: c'était pas les bonnes échelles, c'est le nouvel itinéraire qui ne passe pas bien à ce moment là de l'année. Y'avait encore de la neige sur le chemin et traverser des couloirs de neige en chaussures de trails c'est pas super fun, en plus c'est quand même pas mal expo. Tout ça pour finalement mettre les skis pour les 100 derniers mètres car y'avait vraiment trop de neige. On arrive au refuge vers 18h, trop tard pour aller faire une sieste, on aura un beau déficit des heures de sommeil demain. Dans la cabane, il y a que deux autres clients, qui partent aussi pour la verte par le whymper mais ils décident d'y aller dimanche pour avoir le temps de se reposer et d'aller faire un repérage le samedi. Repas dans la cabane, j'avais pas pris la demie pension du coup j'ai mangé du pain et du fromage, les gardiens on été sympa et m'ont laissé manger un peu de soupe et de dessert, trop chou. Les conditions s'annoncent pas top, il neige dehors, y'aura sûrement de la poudreuse dans le couloir et on risque de brasser pas mal. Les gardiens sont plutôt pessimistes sur nos chances d'arriver jusqu'en haut. C'est sans grande conviction pour demain qu'on va se coucher vers 21h, réveil dans 3 heures...
Jour 2 : La nuit ne fut pas tellement reposante vu sa courte durée. En regardant dehors, on a le déplaisir de voir qu'il continue à neiger. Mais bon, maintenant qu'on est préparés autant y aller pour au moins jeter un coup d'œil au couloir. Au pire on fera demi-tour et on aura le temps de finir notre nuit à la cabane. Départ de la cabane vers 00h45. Après une traversée sur le glacier où on a du slalomer entre les crevasses. Pas si facile de s'y retrouver, on a perdu un peu de temps la dedans. On arrive sous la rimaye vers 3h30 c'est parti pour les choses sérieuses! Au final, la rimaye est étonnamment en condition, ça plantait bien et on s'enfonçait à peine. Y'a un mouv' un peu technique pour passer la rimaye mais ça va, on s'attendait à bien pire. On commence à se dire que peut-être que ça peut le faire finalement. Une fois qu'on a monté le couloir secondaire, on a galéré à trouver le passage en mixte pour accéder au couloir principal, on a essayé de traverser trop tôt. Ce cafouillage nous a coûté une heure et on se retrouve dans le couloir principal un peu avant 6h. La on se dit que maintenant il faut vraiment envoyer si on veut espérer aller jusqu'en haut. On s'était donné comme deadline 9h pour commencer les rappels. On bombarde jusqu'au col, qu'on atteint vers 7h45. Dans la partie juste avant le col, qu'est-ce qu'on en a chié, chaque pas s'enfonce quasiment entièrement. On arrive au col à bout, plus que l'arête terminale, qui n'était elle non plus pas tracée. Grosse fatigue sur l'arête mais on en arrive au bout et la quel immense bonheur, au sommet de la verte, en y repensant on était vraiment dans un état second à ce moment de l'ascension. On ne perd pas non plus trop de temps au sommet car de nombreux rappels nous attendent. En quittant le sommet, une corniche a cédé sous mes pieds, heureusement je me suis poussé à temps, j'ai bien failli me retrouver sur le glacier d'Argentière en format 2D. Retour au col et début des rappels vers 8h30, just in time. Beaucoup de vieilles cordelettes, y'a vraiment des relais tous les 10m. La redescente se fait assez bien finalement, ça s'enchaîne pas si mal. Retour à la rimaye vers 11h30, puis à la cabane vers 13h. Arrivés à la cabane, tout le monde nous assailli de questions sur les conditions et nous, complètement shootés par la journée qu'on s'est pris, on fait de notre mieux pour ne pas décrocher de la discussion. On finit par aller siester vers 14h30, on se réveillera à 18h pour le repas, une bonne soupe à la saucisse. J'avais dit que j'étais végétarien du coup le gardien me propose gentiment de les enlever moi-même dans l'assiette (hahah). Bien rassasiés, on profite d'un sublime coucher de soleil sur la face N des Grandes Jorasses, avec la sérénité de savoir qu'on a fait ce pour quoi on était venus et que ce soir on pourra se faire une grasse matinée. Dodo vers 22h
Jour 3 : En venant, on prévoyait de faire les Droites par l'éperon oriental mais manifestement on a été trop gourmand. On décide de plutôt aller faire de la glace dans les moulins de la mer de glace. À la redescente, on ne fait pas la même erreur et on prend les échelles des Égralets. Dans la moraine, on trouve de beaux cristaux, ça donne envie de se faire des journées à aller en chercher.
Belle aventure entre copains, ce fut vraiment inoubliable. On est des montagnards!!
le glacier est bien crevassé avant l'attaque, pas facile de trouver le bon itinéraire qui serpente entre les crevasses. On s'attendait à brasser dès la rimaye vu la neige qui était tombée la veille mais au final le début était top. On a quand même galéré dans la fin du couloir, où il y avait beaucoup de poudreuse en "sucre glace". L'arête sommitale était elle aussi bien enneigée, tracer dedans fut une vraie épreuve. Ras sur le retour.
Couvercle 0h45 Rimaye 3h45 Col 7h45 Sommet 8h15 Rimaye 12h Couvercle 14h
On est partis sous la neige, ça s'est dégagé vers 2h et on a eu du beau temps tout le reste de la sortie.
Les gardiens étaient sympa, juste dommage qu'ils étaient pas d'accord de faire un menu végétarien :/