Le Dom via Hohgwächte et descente par le Hobarggletscher

Une bonne mission en autonomie et bivouac. Il paraît que les "lits" du local hiver de la Domhütte sont catastrophiques, alors on a préféré porter matelas, duvets et tente. Et grapiller un peu de dénivelé pour le lendemain!

Les sacs sont lourds au déaprt de Randa. La partie forestière est un petit parcours du combattant avec tous les arbres et branches tombées lors des chutes de neige d'il y a un mois. On est soulagés de quitter la limite de la forêt, mais bien vite on met les chaussures de ski pour passer les premiers névés qui précèdent la partie "via ferrata". Voyant des traces couper un des lacets vers 2700m (et pas de trace sur le chemin), on les a bêtement suivies. C'était une mauvaise idées qui nous a fait perdre 20 minutes le temps de sortir la corde. La suite de la partie pédestre se passe sans encombre mais avec prudence entre les parties glacées et les 10cm de neige fraîche.

On chausse les skis vers 2850m. Après un pique-nique délicieux au soleil sur le balcon de la Domhütte, on repart pour planter la tente un peu plus haut. Les skis bottent. Déjà un peu entamés par le port des sacs et la nuit raccourcie, on dresse le camp. On passe l'aprem entre les averses de grésil à l'abri dans la tente. Il fait surprenamment chaud ! Mini sortie au sommet du Hohgwächte vers 18h, dans les nuages qui se dissipent (malheureusement pas assez pour pouvoir reconnaître le versant Nord du Dom). La poudreuse est fabuleuse au dessus de 3500m !

Réveil 4h30 dimanche, avec un petit vent frais. On entend une première cordée de 3 passer à côté de la tente, on ne sera donc pas les premiers. Le temps de manger et lever le camp, il est 5h30 et 10 personnes supplémentaires sont devant nous. On en double 2 avant le Festijoch... Qu'on ne gravira pas. Car à mi-pente on y voit la première cordée, qui semble un peu galérer. 1h pour faire 20m ? Avec les 8 autres personnes devant nous, on se dit que ça va trop nous retarder. Me rappelant un CR sur camptocamp parlant d'une alternative plus au Nord, on décide de redescentre quelques dizaines de mètres pour tenter quelque chose de similaire. Voyant une zone neigeuse, on tente le coup... 3 longueurs plus haut, rincés, on arrive un peu plus à gauche que le Festijoch. Le brassage était infect, on en avait par dessus la hanche. L'escalade elle-même était pas très difficile vu qu'on a visé la neige. Mais quelle suée ! On a pris 1h de retard sur l'horaire prévu. Les autres cordées sont loin devant, apparemment c'était surtout difficile pour les premiers...

Je constate avec soulagement que, moyennant un petit saut, on peut descendre à ski côté Est. Dans le passage clé, Ariane perd un ski... qui dévale sur le glacier !! Il s'arrête heureusement 150m (de dénivelé) plus bas, loin des crevasses. Ariane étant indemne, je prends mes peaux et fais l'aller-retour "vite fait" pour chercher le ski.

Nous rejoignons l'excellente trace de montée vers 3700m, avec 1h40 de retard sur l'horaire prévu. Les séracs sont balèzes ! On enchaine la moitié de l'ascension sans pause, bien usés par cette montée alternative épuisante. Le sac commence à se faire sentir, on garde tout le matériel jusqu'en haut (sinon, c'est trop facile). La rimaye vers 4150m passe sans souci. Après un ressaut vers 4400m (où l'unique cordée de la veille a fait demi-tour, estimant que c'était trop chargé), on souffle un coup avant d'attaquer les dernières conversions. Car oui, le sommet se fait à ski jusqu'en haut! 1 conversion tous les 5m, à 4500m, avec le gros sac, c'était un des moments à ski les plus durs que j'ai faits!

Malgré les cumulus, la vue en haut est une sacrée récompense. C'est pas tous les jours qu'on regarde le Cervin de haut héhé! La descente est incroyable. 40cm de poudre, même avec le sac c'est un régal! On aura eu droit à 100m de dénivelé dans un nuage, pas très agréable, heureusement qu'il y avait des traces fraîches sinon on aurait du s'encorder. On se laisse glisser sur le Hobarggletscher, en rive droite, sans trainer car on a bien dépassé nos horaires. L'itinéraire est vraiment facile, il suffit de tirer à droite dès 3500m et de longer le versant sud-ouest du Nadelgrat. Un très court passage vers 2900m peut éventuellement poser problème quand il y a moins de neige, mais mêe en cette année pauvre en neige il n'y avait aucun souci lors de notre passage. On a déchaussé vers 2600m (serrer à gauche après avoir dépassé la dernière langue glaciaire vers 2800m) puis fini à pied à travers les gazons raides jusqu'à l'ancien chemin d'Europaweg (2300m), qu'on a suivi vers la gauche jusqu'à retrouver les chemins "ouverts".

Il aurait probablement été plus efficace, à 2600m, de déchausser puis traverser au mieux jusque dans le lit du Birchbach, où de langues de neige que je pense skiables descendaient jusqu'à quasi 2200m.

La fin dans la forêt est tout aussi jonchée d'arbres que l'aller (si ce n'est plus), et plus raide. Herbriggen est 250m plus bas de Randa... Donc ça occupe bien l'aprem! En comptant les pauses (pinic, gypaète, goûter...), ça nous a fait arriver à 18h10 à Herbriggen!

Bref, une chouette bavante en autonomie, et un record d'altitude pour tous les deux ! Hyper contents, mais on retient les 2 leçons: l'acclimatation c'est bien méfiance avec les itinéraires alternatifs !

Cf topo. Assez frais par rapport aux semaines passées, donc la neige tombée les derniers jours est restée froide au dessus de ~3300m. Pas de trace du travail du vent, belle poudreuse. Glacier bien bouché, une rimaye vers 4150m passe sans problème skis aux pieds.

Dimanche: 4h30 réveil 5h30 départ de 3400m 6h15 pied du Festijoch 6h40 pied de la montée alternative 8h20 sommet de la montée alternative 9h20 on retrouve la voie normale 10h50 altitude 4125m 12h25 sommet 12h45 début descente 13h20 altitude 3200m 13h40 déchaussage à 2600m 18h10 Randa

Samedi: beau le matin, puis grésil tout l'aprem. Éclaircies le soir puis brouillard en début de nuit. Dimanche: nuit claire, grand beau jusqu'à l'apparition des premiers cumulus vers 10h. Nuageux ensuite.

Pas utilisé