Pigne d'Arolla : Face N

Bon, ben ça c'est fait :smile: Bravo à Jeremy qui a négocié à skis cette entrée bis à 60°, moi j'ai cramponné là puis suis descendu à pieds les premiers mètres inskiables. Lui non et aura dérapé précautionneusement cette partie rocheuse. Rien à voir avec la suite superbement fournie en poudre tassée. Dommage pour le haut et cette corniche malvenue car la rive gauche était bien blanche. 6h de montée... On a bien brassé. Bien content d'avoir pu concrétiser enfin ce projet de très longue date! Très peu de photos, jeremy aura certainement mieux. Jérémy D'abord une rencontre sympathique de père fille, une approche grandement efficace qui laissent juste le temps au doute de s'installer sur la skiabilité du haut, un premier couloir d'accès orienté E, un four où il faut apprendre à gérer la chaleur solaire et l'enfoncement dans une soupe peu comestible, une bifurcation sur la gauche qui nous offre fraicheur mais ne nous enlève en rien le goût du brassage. Suivi d'un court replat où l'on est accueilli par une petite brise poussant à rajouter une couche à nos corps si fragile face aux éléments naturels, avant de se familiariser au rocher dans le ressaut suivant, celui qui nous attend pour sûr, là-haut, à l'aplomb de notre objectif. Puis une dernière courte pente qui nous amène au dernier plateau qui fait face à nos dernières difficultés ou plutôt à ce que nous sommes venus chercher. Mais avant, un cailloux nous offre la possibilité d'une dernière pause pour profiter de la chaleur du soleil qui commence à jouer à cache-cache avec les nuages qui ont tendances à vouloir affirmer leur place dans un ciel bleu. Une dernière utilisation de nos skis ensuite pour accéder au pied d'une ligne devenue mythique grâce à un habitant local il y a quelques 51 années. Vient alors le moment de cultiver notre volonté à atteindre le sommet accompagné de nos skis quoi qu'il arrive, en toute logique dans un premier temps, puis en toute humilité, en louvoyant à la recherche du meilleure passage dans un monde rocailleux où nos piolets et crampons ont tendances à s'accrocher sur un sol terriblement dure qui nous sort de notre confort d'un matelas profond et douillet que l'humain à tendance à préférer, et finalement une embrassée presque nez dans la neige avant d'atteindre un replat salvateur d'un sommet si fréquenté, presque une ironie de là où l'on vient. LA météo n'est pas au rendez-vous, contrairement à un couple fort sympathique et l'échange de quelques courses en commun, avant le grand plongeon. Celui-ci se fait entre noirceur et blancheur où l'on apprend la connexion à soi, la gestion des difficultés, nos compétences corporelles et mentales dans l'unique but de toujours retrouver la lumière qui brillent dans toutes les situations de nos vies quoi qu'il arrive. D'ailleurs, quel serait une vie sans difficultés ? Terne, monotone et sans aucuns apprentissage de notre perfectionnement ! La lumière est finalement retrouvée non sans complexité dans les premiers virages avant d'atteindre la simplicité, elle qui est parfois invisible mais omniprésente et, si on sait la trouver, nous amène au bonheur absolu qui lui, nous a toujours tendu les bras ! Vivons le moment présent, merci Monsieur Pigne et vive la vie !

Monstres corniches visibles de loin et depuis les webcams sur presque toute l'arête. Sauf vers une sortie alternative en rive droite qu'on a empruntée comme d'après les traces nos quelques prédécesseurs de la semaine ayant effectué la traversée. Elle débouche à quelques mètres à l'est du sommet. Manque de neige sur les 30 derniers mètres, correct ailleurs. Poudre tassée dès 3000 et sur toute la face, excellentissime. La descente directe des séracs est verrouillée, le couloir d'approche en AR est un bon plan B.

8h30 - 16h00

Beau le matin se bouchant en cours de journée