Maladeta Couloir de la Rimaye

Une saison qui s’achève !

Pour les uns, c'en est fini ! Pour les autres, un détour par l'Aragon avant de reprendre les bonnes habitudes et de conclure au mois qui va marquer la moitié de l'année. L'enneigement de cette fin de printemps chaotique a de quoi surprendre, en bien ! Au premier abord, le doute pourrait faire basculer les avis vers le renoncement, surtout que l'ocre ayant fait son grand retour occupe une grande partie du champ de vision. Bon d'accord, mais plus haut, l'universel blanc s'octroie une part de choix.

À la Rencluse, le mitage fait la part belle aux blocs de granite, mais en insistant un peu, la neige prend le dessus et ainsi, skis aux pieds, on monte les mille mètres qui nous séparent de la rimaye. Reste le fameux corredor, qui, pour les moins téméraires, devient refus d'obstacle et, pour les autres, la pente qui donne accès à la sommité, qui paraît impossible d'éviter : la visite se termine là-haut.

La descente reste le point névralgique ; une fois celui-ci écarté, à nous le champ des neiges que l'on appelait à tort éternelle, mais ça, c'était avant. Dans le cas présent, soixante pour cent excellent et les quarante restants, relevant du tout venant, heureusement, les skis trouvent la parade et s'en sortent plutôt bien, eux !

Et si le temps redevient maussade !

La Besurta 1900 m, 7h38, 4,5°.

Étant en plein milieu de semaine à la Besurta, le parking n'a pas fait l'unanimité. La neige, quant à elle, ayant regagné ses points d'attache (si cela existe), nous mettant à contribution pour 57' de portage jusqu'à l'altitude respectable de 2246 m. La neige à cette altitude n'a pas eu les honneurs d'un regel de surface, d'où une certaine lenteur à tracer ce support à la cohésion vraiment imparfaite. Passée la barre des 2600 m, la neige blanche et ressaisie offre le potentiel requis pour atteindre ce Couloir de la Rimaye. Le couloir ayant été abondamment tracé de par le weekend passé, il met à disposition l'échelle meunière ainsi faite pour sortir à la crête ; il reste une encâblure pour atteindre la cime. 46' après, c'est le moment de chausser et de descendre par le barranco de la Maladeta, d'abord neige extra puis sous les fatidiques 2600 l'humidifié qui donne au ski l'appellation "nautique", ce qui en soi n'est en rien péjoratif, juste une adaptation du skieur·euse, déchaussage face levant du refuge, moyennant une seule manœuvre.

Peu de récipiendaires ce jour pour la cime Maladeta, nous étions deux, et six en tout et pour tout jusqu'au pied. Guère plus du côté Aneto et un enneigement qui redonne des lettres de noblesse au défunt glacier.

Départ 7h38/Retour 12h30 T. montée : 3h22 T. parcours : 4h52

Beau temps sans nuages, sans vent et avec une neige de printemps.