Le Grand Bec : Goulotte "La Cicatrice"

Sortie mal engagée ... on se réveille à 4h30 au parking, sous le vacarme de la pluie torrentielle sur le camion. On hésite, et je finis par carrément enlever le réveil, ayant perdu espoir de pouvoir réaliser l'ascension sous ses conditions. Au final, on se lève vers 6h avec finalement un ciel très brumeux mais presque pas de pluie. Départ à 7h, toujours douteux sur la faisabilité du projet. D'autant plus qu'il n'y a aucun regel. On ne regrette pas de porter les skis sur 500 de dénivelés pour ensuite pouvoir chausser le reste de l'approche et s'éviter un brassage de l'extrême. Pour autant, on dépose les skis peut être un peu trop tôt au pied de la goulotte, et perdons une bonne demie heure à rejoindre le premier ressaut, tant la neige molle nous demande d'énergie. On prendra les tubas la prochaine fois !

Je fais tout en tête dans la goulotte. Le premier ressaut, légèrement en glace ramollie me donne la satisfaction de pouvoir brocher. La neige est molle mais ne s'enfonce par trop. Avec la mauvaise visibilité de début de journée, je me trompe de couloir et m'engage trop à droite de la cicatrice. Je me rends vite compte de mon erreur mais tarde à bifurquer sur les cailloux peu engageants. Je suis obligée finalement de tirer une longueur très traversante sur les cailloux, en semi désescalade instable. Au plus grand désespoir d'Émilien qui sert bien les dents ! Mais nous revoilà au bon endroit, et j'accélère le rythme pour rattraper le retard.

Les deuxième et troisième ressauts sont moins marqués, en neige lourde mais agréable à remonter. La sortie de la goulotte donne sur une face très enneigée. On sent que de la fraîche y est tombée pendant la nuit ! Je brasse avec beaucoup de difficulté pour enfin rejoindre l'arête sommital. Pas de sommet cette fois, la fin de l'arête est totalement cornichée et peu engageante. Puis Emilien est cuit à point !

Nous prenons donc la direction Nord pour retrouver le couloir de descente. Je fais passer Emilien devant et le tiens en tendu très court pour le rassurer, car l'arête vertigineuse le panique. On se désencorde une fois dans le couloir et rejoignons rapidement les skis par une descente en courant puis sur les fesses des plus efficace ! Exténué, le père Émilien, mais pas peu fier pour sa première goulotte officielle !

Il fait assez chaud, et il a bien plu la nuit. Aussi, la glace est bien molle, et la neige lourde. Mais la goulotte reste bien praticable.

Départ 7h du parking Retour Parking 17h

Pas mal de pluie en début de journée, mais finalement un petit créneau pas trop mal pour l'ascension.