Pic W de Combeynot : Crête occidentale, face N/NW : couloir en S

Thierry On a saisi ce dimanche entre mon retour de vacances et le départ de Steph pour aller se balader :)) Et in fine, très bonne pioche ! On s'est dirigé vers le Shahshahani pensant peut-être redescendre par la directe Chantriaux, on a déjà eu l'excellente surprise de trouver de la neige toujours meilleure alors qu'on montait (poudreuse !!), promesse de belles courbes à la descente. Et vers le haut de la combe, je propose à Steph de jeter un coup d'oeil vers le couloir en S que j'avais skié en 2023. Miracle : il paraît suffisamment rempli ! Feu ! Steph ne l'a jamais skié, et ce sera sans doute un peu plus sûr que les larges pentes du Shahsha, se dit-on, côté nivo. On arrive à monter en peaux assez haut (fin d'approche à 45°). Ensuite, j'attaque la trace, ça brasse un peu au début, puis ça va un peu miuex ensuite, et ce jusqu'en haut du couloir étroit entre les rochers. Entre temps, Steph a pris le relais, et dès la sortie des rochers, ça commence à brasser de façon plus importante (enfoncement cuisse parfois). Il faudra louvoyer à la recherche de zones plus portantes, ou avec un fond rocheux (éboulis assez souvent) pour finir par arriver au sommet. Brassage dans le top 2 des pires effectués !... (avec onglées récidivantes à force d'avoir les mains dans la neige) Heureusement, à la brèche sommitale, le soleil est là, et comme le vent est nul, on profite d'un moment sympa pour se refaire une santé (tout en mangeant un bout et profitant du paysage toujours aussi merveilleux depuis ces crêtes). Puis c'est le moment d'attaquer la descente : je préfère emprunter le petit couloir étroit juste à notre aplomb plutôt que la plus large pente à notre gauche (car la nivo nous inquiète un peu...). Bon, au moins on n'aura couru aucun risque, il n'y a que la poudre récente sur des cailloux bien trop proches, empêchant de virer sur quelques mètres. Au-dessous, la pente suspendue est un vrai régal !! On peut enchaîner de beaux virages en neige sublime et dans une ambiance de folie ! Dès l'entrée dans la partie étroite du couloir, la prudence devient de mise : la neige est un peu plus variable. De bonnes sections alternent avec des zones plus cartonnées, les bâtons passent parfois sans prévenir à travers toutes les couches, et quelques cailloux pointent sous la poudre (qui laisseront de petits souvenirs...). Le couloir est bien étroit, en ce début de saison (c'est déjà une chance que de pouvoir le skier avec cet enneigement relativement faible), et le ski est donc assez technique. Deux étroitures nous incitent à passer plus prudemment encore. On enchaîne quelques virages et bien vite le besoin de faire une pause s'impose ! (entre le brassage à la montée et la technicité des virages étroits en neige moyenne) Sous la dernière étroiture, le couloir reste raide mais s'élargit un peu, et bien vite on retrouve une superbe poudre qui permet d'allonger les courbes et prendre un peu de vitesse : c'est un grand plaisir de profiter de si bonnes conditions (presque inespérées). Bon, cela trouve une fin sous 2300m où le ski devient alors délicat et même franchement désagréable : on se fait secouer par la vieille neige trafollée et redurcie. Mais l'essentiel était tout là-haut, et on s'est régalés !!

Très bonnes conditions au-dessus de 2450 m : poudreuse (15 à 20/25cm), quelques zones cartonnées. Gros brassage sur les 100m sommitaux du couloir (plus de fond, poudre sur semoule). Quelques rochers présents sous la poudre, dans les 10 m sommitaux, et par endroits dans le couloir. Des zones de neige excellente dans le raide, mais aussi des zones un peu cartonnées. Grande combe suspendue sous le couloir excellentissime, verrou au-dessous également, puis encore correct et in fine désagréable sous 2300m ("ça fait descendre les chaussettes"...).

Départ : 9h15 Fin d'approche : 11h30 Sommet : 13h45 Voiture : 14h45

Grand beau temps. Iso 0° vers 2800, puis 3200m (on ne l'a pas senti dans la montée en face N où il faisait bien froid). Pas de vent. BERA : risque 1 sous 2500 et 2 au-dessus.