Pointe Alphonse Favre : couloir NW depuis le Buet
J'étais assez motivé pour me lancer dans mon premier 5.1. Je surveillais donc les sorties récentes ainsi que la météo de la semaine ; aujourd'hui était la seule fenêtre possible pour Étienne et moi. Au départ, on visait un couloir au Chaborgne, aux Contamines, mais ça ne nous emballait pas trop : sûrement pas tracé, orientation NE... mouais. Puis, je tombe sur une story d'Akhourfi avec ce couloir en vue. Ouah, ça a l'air joli ! Je regarde direct le topo : ça peut le faire ! Pas trop d'expo, fait récemment... Hop, j'envoie ça à Étienne qui adhère direct. On part là-dessus.
Je ne cache pas qu'il y avait beaucoup d'appréhension et de stress à la vue de ce couloir. 45° sur 250 m, sur le papier c'est OK, mais une fois sur les skis, c'est autre chose ! Je me rassure comme je peux en regardant les photos des sorties : « Ouais, c'est pas raide », « Ah ouais, c'est raide quand même »... Bref, je m'imagine des murs à 90°. Au pire, je descendrai en crampons/piolet, tant pis.
Nous voilà partis ce matin. On remonte ce joli vallon du Bérard tout tranquillement (enfin, pas trop), et voilà qu'il faut traverser un petit ruisseau. Rien de méchant, je commence à passer, mais je ne le sens pas trop... Ça n'a pas loupé : je zippe, le cul dans la flotte, la chaussure droite immergée. Je me relève aussi vite que possible pour sortir de ce bourbier. Résultat : une chaussette bien trempée et le postérieur un poil mouillé :). Finalement, ce n'était pas "si pire" pour le reste de la sortie : je n'ai pas trop senti le « schplok schplok » ni le froid, c'était juste un peu désagréable.
On arrive au pied du couloir. C'est classe, tout droit, et moins impressionnant que dans mes pensées. Une petite étroiture est à négocier, mais ça n'a pas l'air extrême. Bon, eh bien go ! Étienne se lance pour faire la trace, puis on alterne. Je ne suis pas le plus à l'aise là-dedans : il y a quelques passages où l'on brasse dans une neige sans trop de cohésion. Au final, on s'arrête 100 m avant le sommet, sur une sorte d'épaule. La suite de la pente doit être à 40°, mais la configuration ne nous inspirait pas, et la fatigue a aussi joué un peu. On n'a pas tenté le diable, on chausse ici (après avoir remonté plus des 3/4 du couloir).
Chaque mouvement est millimétré pour moi. Enlever les crampons, mettre les skis... avec l'appréhension, on se rend bien compte de la pente ! Il ne faut pas faire le con. Non sans mal, je suis sur mes skis, et là, le travail commence. J'enclenche mon premier virage. Ça va. Je souffle, j'enchaîne. C'est physique, je n'ai pas envie de m'en coller une. Petit à petit, on arrive sur le bas du couloir. L'étroiture, pas plus large que mes skis (166 cm), passe en escalier et la suite déroule plutôt bien, tout en restant vigilant.
Bref, une belle journée bien rentabilisée. Je ne ferais pas ça tous les week-ends, mais pour une première, c'était riche en émotions !
9h30/14h45 parking parking
Froid dans le vallon Ciel clair + soleil