Traversée Blankenburg - Scheidegg - Grimmialp, du Simmental au Diemtigtal

Rebelote dans le Diemtigtal au lendemain d'un mémorable gavage en pleine tourmente à la Traumlücke avec mes 2 fidèles compagnons de toujours. J'imaginais plus de soleil (là c'était pas difficile) et plus de monde - mais je n'ai pour finir quasiment croisé personne jusqu'à retrouver mes traces de la veille sur la classique du Mariannehubel. Moralité les conditions sont loin d'être aussi mauvaises que ce que le laissent penser les cartes désolantes de WhiteRisk - surtout celle de l'enneigement en % de la moyenne historique dans toute les Alpes suisses qui donne juste envie de filer sur les Calanques. Même le Jura nordique ne passe pas si mal - on fera 2 jours tout à fait convenables sur le début de la GTJ avec Agnès dès le lendemain. Mais c'est sûr qu'on reste loin des mètres du Val Maira ou de la Corse !

De la gare, il faut juste porter 10/15mn jusqu'au dernier pont à 1030m, la route d'alpage du vallon de Betelried est enneigée au delà. Il vaut l'utiliser jusqu'au Pt 1343m (à la montée, on peut évtl couper un lacet plus bas), au delà tout est skiable dans les 2 sens sans grand souci. Montée étonnamment solitaire, j'ai juste croisé 2 personnes qui allaient à la Mieschflue sinon personne...et même les seules traces présentes ce jour-là (raquetteurs montés dormir à la Fromatthütte) s'arrêtaient au refuge. Au delà il a donc fallu tracer - chose rare de nos jours dans une région aussi fréquentée ! Il y avait pas mal d'accumulations entre le refuge et le col de Scheidegg, étant seul j'ai donc dû tracer avec précaution pour éviter toute pente à 30° (risque 2+ annoncé > 1800m). Même si je me fais vite des films lors de mes (rares) sorties en solo, c'était objectivement sans souci en montée.

Mais la descente s'est avérée plus laborieuse que prévu : présence d'une petite corniche, puis terrain décapé sur les 50m supérieur (herbe, cailloux, carton). Vers 1930m on passe sans transition à une grosse poudreuse (> 40cm dans les accumulations) rendant le ski assez physique : avec les quelques replats et un micro-relief tourmenté (lapiaz de gros blocs), cette descente n'est pas toujours très skieuse et on a vite fait comme moi de se laisser trop embarquer au centre. Ce qui se paye par quelques petites remontées bien crevantes dans cette poudre sans fond. Bah ça faisait un peu de cardiaque. A refaire il aurait fallu en gros suivre le chemin d'été en tirant bien à droite dès le départ. Ou traverser en sens opposé, la descente sur Blankenburg est facilitée par la présence de la route enneigée sous les 1615m.

Voilà ce que c'est quand on a l'habitude de toujours suivre les traces des autres. Dans tous les cas une solitude surprenante pour un beau samedi farci de poudreuse. Je n'étais finalement pas fâché de retrouver enfin les traces de la descente classique du Mariannhubel au chalet d'Alpetli (1792m) - la suite était en top conditions, on ne touche jamais, encore de la place pour faire sa trace dans les clairières, puis (sous les 1550m) une piste d'alpage idéalement damée et très agréable à descendre jusqu'à Grimmialp.

Départ 9h15, 4h45 net + 45mn de pause, arrivée 14h45.

Grand beau, un peu caillant en montant dans les creux à l'ombre du vallon de Betelried, agréable emsuite. 0° à 2000m, vent faible.

Après l'Hotel Spillgerten et son équipe indo-népalaise la veille , j'opte pour la 2ème auberge du lieu, l'Eggli. A la place du Nepali ce sont cette fois-ci vos connaissances en Bärntütsch qui seront sollicitées : plus bernois que ça on ne fait pas ! Mais les tartes aux pruneaux (Zwätschgechueche) sont aussi bonnes que les samosas du voisin.