Balaïtous / Marmurè : La Diagonale du Vide
Jour 2 dans le secteur du Larribet, suite au repérage de la vieille nous nous engageons dans la face Nord-Ouest du Balaïtous.
De part l'orientation de l'itinéraire le réveil ne sera pas matinal et nous partons du refuge à 6h00 du matin. Toute la remontée jusqu'au Col Noir se fera dans 20cm neige poudreuse en moyenne, avec jusqu'à 40cm sur le couloir d'accès.
Bascule côté Espagne puis remontée le long de la VN estivale que nous ne suivrons pas à la lettre celle-ci s'écartant temporairement de l'itinéraire Hivernal à 1875m au niveau d'un petit col. Changement d'ambiance, c'est à cette altitude que viens le moment de plonger dans la face, une redescente de 50m nous emmène au pied du premier couloir de la Grande Diagonale. Un relais improvisé sur un bon becquet nous permet de sonder un premier petit goulet lors de cette descente, mais le doute sur la stabilité du manteau persiste malgré notre retour d'expérience de la vieille. C'est à dire que cette première petite barre de 200m située en aval direct du couloir ne donne pas envie d'être sautée... Nous prenons le temps de réaliser une première coupe du manteau, puis une seconde un peu plus loin, puis une troisième histoire de, les ECT se révèleront négatifs. Les séjours en Norvège se révèlent constructifs.
On continue de grimper jusqu'à atteindre un second collet, derrière celui-ci se dévoile le couloir sommital, plus raide, plus exposé car débouchant directement sur la grande lézarde, des rochers affleurent de-ci de-là mais celui-ci est globalement bien chargé, Damien en tête prend soin de bien longer le relief en remontant et nous débouchons rapidement au sommet. On vous passe la description détaillée de cette vue grandiose à 360° d'un environnement très Hivernal, beaucoup de blanc, il faut dire que les conditions de ces jours post-chutes de neige ont permis une très bonne conservation de celle-ci sur beaucoup d'orientations.
On attaque la descente, le test de stabilité bien appuyé sur les premiers mètres entraîne une détente du mental, sur ce premier couloir les virages ne seront pas sautés mais tout de même bien fermés, un petit requin sur le rétrécissement central confortera bien cette option de descente. Passé celui-ci les courbes s'élargissent jusqu'au second collet. Et c'est dans le premier couloir de la face NO que le ski se détendra totalement, nous prenons alors conscience de la chance de pouvoir réalisé cette descente dans des conditions aussi optimales.
La remontée vers le petit col d'entrée se fera sans crampons, nous avions pris soin de faire de belles marches lors de la "descente de la montée". Toute la suite de l'itinéraire et ce jusqu'au refuge se fera dans de la neige de cinéma, et c'est sans exagération aucune, nous sommes les premiers étonnés de ces conditions après la montée infernale que nous avons subit jusqu'au refuge avec un manteau tout pourrie jusqu'au sol puis un bottage de l'enfer.
Nous avons eu ce jour là beaucoup de pensées pour Simon, qui seul et depuis le parking c'est attaqué à ce sacré morceau de descente, l'exposition du sommet est importante et nécessite d'être confiant sur ces skis, je n'avais pas trop compris le côté esthétique de cette descente et m'y suis rendu avec Damien 'comme ça' mais il s'agit vraiment d'une ligne d'ampleur.
Déjà réalisé ou pas peu importe en tout cas la cotation de 5.1 semble très correcte et en bonne relation avec le couloir sommital, avec une tendance actuelle à la sur-quotation de certaines lignes Pyrénéenne certains le noterais même 5.2.
Neige de très bonne qualité sur l'ensemble de l'itinéraire, voir CR.
Départ refuge 06h00 Col Noir 8h25 Sommet 12h10 Col Noir 13h10
Grand Beau puis arrivée de nuages épars vers 12h30
Au top, croisé un membre du CAF de Lourdes monté sans raquettes ! qui faisait un petit point de fin d'Hiver sur son état. Sur beaucoup de refuge le respect se perd, confère Tuquerouye... Ici c'est vraiment 4 étoiles.