(presque) Rosablanche : Par Prafleuri
Aurore
Tout commença quand Isa voulu aller faire "une dernière" sortie de ski de rando pour clôturer la saison. A voir si c'était vraiment sa dernière, car pour moi c'est (quasi) sûr, il est temps de passer à autre chose! Gilles lui, est déjà passé à autre chose, puis les spatules, il en a plein le dos! Donc c'est à deux que ce projet se dessine. Isa est obnubilée par cette Rosablanche dont Bernard lui a tant parlé, moi je n'ai pas de préférence, alors allons découvrir ça!
Le départ n'est pas très matinal. Car que c'est long d'aller jusqu'à Pralong! On attaque la montée que les températures sont déjà au top niveau. Ski sur le dos, on croise des gens qui rentrent de leur virée pour encourager la patrouille des glaciers. C'est plutôt nous qu'ils devraient encourager. On s'engagent sur le chemin de droite, comme décrit dans le topo. Grosso modo, on monte sur 300m de D+ avant de chausser les skis et de ne presque plus les quitter. Ca monte efficacement et la neige est encore bien portante malgré les températures. Au loin, on aperçoit le barrage du lac des Dix qui n'est pas un joyau d'architecture, mais qui en impose de hauteur et d'austérité.
On se reconcentre sur notre itinéraire. De nombreuses coulées sont présentes. Tout ce qui devait partir semble avoir répondu présent à l'appel de la gravité et ça ne facilite pas notre progression mais on s'en accommode. La descente pour rejoindre la combe de Prafleuri est complètement déneigée et nous devons déchausser. Les premières marmottes nous sifflent au passage. On rechausse les skis et on enquille la montée dans ce vallon. Pas une fleur à l'horizon, mais on devine qu'il doit bien porter son nom en plein mois de juin-juillet.
Ca commence à faire un peu long de montée (seulement 1100m mais y a vraiment des longueurs!!!) et nous sommes bien contentes d'arriver enfin au refuge. Nous sommes accueillies par un des aidants de la gardienne et nous prenons nos quartiers en attendant le souper. Cette cabane sera une très bonne découverte. Construite en 2001, elle présente un bon confort et l'accueil fourni par l'équipe en place donne clairement envie de revenir. Beaucoup de personnes présentes ce soir là sont sur l'itinéraire de la Haute Route.
Nous mangeons à une table de francophones et échangeons sur nos pratiques de la montagne. Des discussions très inspirantes, je retiendrai notamment qu'Isa, sur un malentendu orthographique est allée faire la traversée des pics de Combeynot (mais en fait, c'était "juste" la Pointe de Combette, ça ressemble le nom, vous ne trouvez pas?). Bref, nous passons une excellente soirée. La nuit, le sommeil nous fuira mais nous trouverons tout de même un peu de repos pour recharger les batteries en vue de la suite!
Réveil 5h15, petit déjeuner, rangement etc pour un départ aux alentours de 6h15. Le regel est excellent, même trop, puisque ça ne dégèlera pas pour nous offrir une descente moquette. Mais là, j'anticipe un peu. Redescente du refuge dans le vallon de Prafleuri puis nous nous engageons dans la pente en direction du bunker qu'on aperçoit du refuge. L'autre option, passer sous le miroir, plus courte mais plus raide, a vite été écartée de nos envies. La pente est plus douce où nous sommes. L'itinéraire y est très joli et moins ravagé par le passage des patrouilleurs.
Le soleil pointe son nez rapidement mais avec lui les nuages aussi. Ils se font de plus en plus nombreux à mesure que nous montons. On aperçoit enfin la Rosablanche objectif du jour. Initialement brillante sous les rayons du soleil, la Rosablanche fait de plus en plus grise mine au fur et à mesure que nous montons. Des nuages s'en vont et s'en viennent, nous cachant par moment le sommet. Finalement, 150m sous le sommet, nous décidons de nous arrêter là. Le ciel est de moins en moins engageant, la vue de ne sera pas dégagée et le temps change décidément trop vite. Nous dépeautons et entamons la descente. Dix minutes plus tard, les sommets sont complètement accrochés et le plafond nuageux a considérablement baissé. A croire qu'il nous pousse vers la descente.
Le ski sur le glacier est pas dingue, principalement parce que la neige est dure mais aussi parce qu'il persiste d'anciennes traces de passage. Il y a tout de même quelques bons virages à prendre au dessus du refuge. Car oui, nous redescendons pas le même itinéraire. Nous avions envisagé d'autres possibilités, mais vu la météo, inutile de jouer les prolongations. On descend tranquillement mais sûrement.
Arrivée au fond du vallon, on remonte en direction du mirador en rive droite du ruisseau et enfin, nous pouvons admirer le barrage du dessus. Semblerait qu'ils aient bien turbiné car le niveau d'eau est extrêmement bas et le lac attend ardemment la fonte des neiges pour refaire le plein! Ca sera l'une des satisfaction d'être passées par cette itinéraire. La suite offre peu d'intérêt, le ski se fait principalement sur la route qui mène au barrage moyennant quelques coupures sympas (et une beaucoup moins sympa qui nous a valu un bon brassage en forêt). Autrement dit, c'est long et plat. Mais ça nous garanti de rentrer presque ski au pied à la voiture avec seulement un petit kilomètre de portage!
Verdict de ce week-end : une belle découverte que cette Rosablanche. Mais globalement, il semble plus intéressant de coupler le sommet avec d'autres, la marche d'approche étant particulièrement longue en distance. Contentes malgré tout, il nous aura tout de même manqué le gars de la Yaute, qui a dû avoir les oreilles qui ont sifflées pendant ces deux jours !!!
Jour 1 (montée au refuge par le vallon d'Allèves) : Environ 300m de d+ de portage avant de chausser. Neige molle par endroits mais encore bien portante sur tout l'itinéraire jusqu'au refuge. Déchaussage nécessaire quand on bascule dans la combe de prafleuri. Beaucoup de coulées sur l'itinéraire coupant la trace de montée. Jour 2 (Montée Rosablanche et descente par le barrage) : Excellent regel la nuit. Couteaux utiles pour les petits raidillons notamment. Glacier bouché. Beaucoup de traces liées au passage récent de la PDG. Neige dure sans dégel pour la descente jusqu'à retrouver la route (vers altitude 2300m). Ca skie presque jusqu'à la barrière (environ 1km de portage) moyennant qq déchaussages mais plus pour très longtemps. Fonte nivale en cours!
Jour 1 : 4h30 Jour 2 : 6h30 (pauses comprises)
Grand beau et chaud le premier jour. Se couvrant le deuxième jour
Cabane de Prafleuri très très recommandable! Gardienne et aides très accueillants et ouverts, un repas très bien cuisiné et en quantité. On se sent comme à la maison. Les dortoirs sont bien pensés.