Aiguille du Chardonnet en traversée par l'éperon Migot

Retour sur le terrain après la courte perturbation de cette fin de semaine qui n'aura finalement rien changé.

Le Chardonnet fait rêver. A tel point que je l'avais placé en seconde position, juste derrière le Biestchhorn, des grands 3000 des Alpes à visiter absolument. D'ailleurs il mériterait de faire partie des 4000, tant sa stature le justifierait. Mais qu'importe, tout cela ne sont que des chiffres.

Ce qui compte, c'est la beauté et l'élégance de la montagne en question. On part avant hier pour Albert 1er, avec un petit sac assez optimisé pour cette sortie.

Divines pour la voie en elle-même.

Accès refuge par le chemin raide d'été, moyennant une courte traversée au niveau du haut du couloir vers 1850m dans la neige. On trouve à nouveau la neige et sans interruption dès lors qu'on s'engouffre sous la moraine à 1999m. Ca porte bien même l'AM : traces de skis et désormais de raquettes.

Migot : accès à l'attaque moyennant une rimaye pas encore ouverte donc sans stress. Rampe oblique de départ en mixte assez facile sur le bas puis vers le haut avant la pente de neige finale. Bien protégeable, sur béquets et écailles.

Ensuite, au niveau de la selle, on a tout d'abord suivi tout droit en suivant les traces de la semaine dernière (qui n'ont pas disparu !) puis tirons progressivement à gauche dans les pentes de neige pour se rapprocher du sérac.

Ensuite, le cheminement est assez évident: tout droit vers le sommet : pas de glace, ambiance de dingue au niveau du sérac, mixte à la sortie, un peu plus raide mais assez aisé, par la branche de gauche. Contournement du ressaut rocheux en FN par une vire de neige.

Descente, on s'est laissé attirer par les traces menant finalement à la ligne de rappels de l'ENSA, au lieu de la ligne classique plus à l'ouest où nous n'avons pas vu la moindre trace. Nous avions une corde de 51m, ça suffit et ça passe, juste !

Bien faire gaffe à bien suivre le fil de l'éperon sur les derniers rappels, pas si évident que cela dans la pratique, notamment avec un relai (4ème ?) assez malaisé sur la fin avec peu de place pour deux, plein gaz.

Par suite, dans la descente du col supérieur Adams Reilly, on finit par tomber là où la pente se raidit pour une immense crevasses qui se franchit à main droite, moyennant un petit saut d'à peine 1m. Les rappels en rive droite nécessitent d'être pris suffisamment tôt car sinon leur accès nécessite de traverser une pente de glace de + en + raide.

Remonter au collet à 3391m pour basculer dans une pente à 45/40° en neige toujours excellente sur le pied de la voie où nous avions laissé nos affaires : bon plan !

Conditions excellentes et optimales, d'autant plus qu'il fait encore assez froid en altitude : c'est le bon moment !

20/04/26: Départ de Montroc 9h40 - Arrivée au refuge à 14h à peine

21/04/26: On quitte le refuge un peu avant 5h - Attaque de la voie 7h - Sommet du Chardonnet à 11h45 - Fin des rappels 13h30 - Retour Albert 1er 16h - Le Tour 17h45.

Mais bon, ça ne va jamais assez vite ...

J1 : Beau le matin, se voilant en début d'après-midi, couvert par la suite.

J2 : Grand beau jusqu'à 13h, nuages bourgeonnant et bâchant rapidement les sommets dès 15h30.

Confortable et spacieux, les gardiens sont d'une aide précieuse et connaissent parfaitement leur terrain de jeu. Pas trop de monde en plus ce jour-là.