Croix de Belledonne : Versant W par les Lacs du Doménon (voie normale)

Prologue La scène se passe dans la capitale locale des Alpes, par une belle fin d'après-midi printanière au parfum d'été. Le rendez-vous est donné à 17h au PPM. Acte 1 [Nos protagonistes pédalent allègrement le long de l'Isère, devisent allègrement et se réjouissent des arbres en fleurs. Les vélos sont lourds, chargés de skis et de quoi bivouaquer, ils attirent quelques regards dubitatifs (ou admiratifs ?).] A la sortie de Domène, c'est le début de la montée. Et c'est là, à peine le panneau de sortie de la ville dépassé, que retenti un sentencieux "Et merde, j'ai cassé mon dérailleur !". Silence. On se gare sur le côté. On établit le diagnostic : le dérailleur est cassé net en deux. Qu'est ce qu'on fait ? Demi-tour, alors qu'on à peine parties ? Certainement pas. Lever le pouce et monter en stop ? Encore moins. Alors on sort les outils et le précieux dérive chaîne. On démonte le dérailleur, qu'on laisse en bord de la route pour le récupérer au retour - ça fera ça de moins à porter. On raccourcit la chaîne pour se caler sur le petit plateau grand pignon, on referme le tout à l'aide d'un maillon rapide. On teste et ça a l'air de marcher. Banco, on va tenter de monter les 1100 de dénivelé qui nous attendent comme ça. On s'en sort pas si mal, une belle heure de perdue mais un vélo qui roule. La montée est vraiment longue, parfois dure, mais surtout belle. On admire la faune et la flore de bord de route, les parapentes au dessus du Grand Colon, et le Vercors derrière lequel le soleil s'éclipse. On s'arrête au hameau des granges de Freydières faire de l'eau. La dernière montée se fait à la frontale, heureusement qu'on ne voit pas plus loin que le modeste halo de nos frontales, car les derniers lacets ne sont pas cléments. On se fait doubler par plusieurs voitures qui monte aussi. On pousse au delà du parking de 4 Chemins, déjà occupé par plusieurs voitures, en espérant trouver un coin tranquille de bivouac. Il est 22h et c'est rompues de fatigue qu'on se résigne par dormir en bord de route le long d'un beau tronc d'arbre, à défaut de trouver un endroit plat en sous bois... Et là, portées par l'idée du réconfortant dîner chaud qui nous attendent, je m'empresse de monter le réchaud. Récalcitrant ce réchaud, je demande de l'aide à sa propriétaire. Elle me dit qu'il manque une pièce. On fouille le sac, les sacoches, on cherche dans l'herbe : walou... Dans notre petit malheur, on se félicitera tout de même d'avoir pris de la semoule, au moins ça gonfle à l'eau froide. Acte 2 Après une nuit réconfortante, on se réveille bercées par le chant des oiseaux, avec un petit parfum de diesel. La journée se déroule à merveille. On part de bon heure, on ne porte les skis que 45 petites minutes, on monte plutôt bien malgré notre soirée pédalage dans la semoule de la veille. La journée se passe presque sans encombres. On arrive au sommet avant l'heure de demi-tour qu'on s'était fixé. On en profite pour faire une pause, manger ce qu'il nous reste en fond de sacs, discuter avec les autres randonneurs... On repasse en mode descente. La descente, dans sa partie descendante, passe bien trop vite. Sa partie plate en revanche, on se la serait bien épargnée. En dessous du lac du Crozet, on file sans encombres presque jusqu'à nos chaussures ! Autant c'est un plaisir de retrouver les baskets, autant le portage des skis chaussures sur le dos n'en est pas un. On file vers nos vélos. Acte final Toute en confiance et repoussée par l'idée de remettre les mains dans le cambouis, je confie à la jeune padawan le soin de rallonger sa chaîne, afin de pouvoir rentrer en single speed version lièvre plutôt que tortue. Mal m'en a pris : les arcanes de l'attache rapide, de maillon mâle et de maillon femelle n'étaient pas maitrisées. Je remet les mains à la pâte pour rafistoler la chaîne. Il nous aura fallu pas moins d'une heure pour charger les vélos, resserrer les freins et bricoler la chaine. Il nous en faudra à peine plus pour redescendre sur Grenoble. On récupèrera au passage le dérailleur laissé aux abords de Domène.

On adresse nos remerciements à tous ceux qui nous ont félicité quand ils nous on vu galéré avec nos vélos, à la montée, en plein atelier bricolage. Et surtout, un grand merci au dérive chaîne, sans qui cette aventure aurait tourné bien court.

Bon regel durant la nuit. Moquette de printemps à la descente.

7h départ vélos sommet 12h retour aux vélos 15h

Grand beau, chaud.