Aletschhorn : Haslerrippe et arête NE, puis descente arête SW dans la nuit

Initialement, j'étais parti avec l'idée de faire Mönch - Aletschorn -Jungfrau en 3 jours. La fenêtre météo n'était pas parfaite mais je voulais quand même en profiter car pour des raisons professionnelles et personnelles je n'ai pas pu sortir en montagne depuis le 27 février, donc je n'ai pas pu profiter de la magnifique période anticyclonique d'avril. J'étais donc prêt à certains compromis sur la météo, du moment que la course ne nécessite pas de bivouac.

Naïvement, je me disais que Mönch hütte était une bonne idée pour commencer ces 3 jours. C'était en fait un très grosse erreur car la dernière fois que j'étais monté à 4000 c'était en août donc je n'avais absolument aucune acclimatation. Or cette cabane est à 3650m ! J'arrive donc à 3600m d'altitude, je monte le Mönch dans l'après-midi, et je pensais vraiment que j'allais passer une nuit normale ? Ça a été probablement le pire MAM de toute ma vie. J'ai eu de très violentes nausées pendant presque toute la nuit, impossible de fermer l'oeil, et même quelques difficultées à trouver un rythme respiratoire naturel ! Je n'ai réussi à dormir qu'une seule heure avant le réveil. Et concernant le petit déj, je n'avais aucun appétit, le moindre aliment avalé relançait ma nausée. Cela allait annoncer tout le reste de la journée : je n'ai rien pu manger d'autre que des morceaux de barre de céréale, en me forçant. Je n'ai réussi à manger mon pic nic que le lendemain matin sous le refuge Oberaletsch hütte. Ainsi un faible petit déjeuner, pas de déjeuner de midi et pas non plus de dîner vendredi, seules quelques barres de céréales. Le manque d'énergie que cela induit explique sans doute en bonne partie la raison pour laquelle cette course sur l'Aletschhorn aura duré aussi longtemps (35h).

Initialement je m'étais fixé deux possibilitées pour monter l'Aletschhorn : soit la Haslerrippe en versant N (ce que j'ai fait), soit toute l'arête E en montant d'abord au Dreieckhorn. Dans les deux cas je prévoyais de rentrer par l'arête E et le Dreieckhorn, pour dormir ensuite à Konkordia et faire la Jungfrau le jour d'après. Finalement ce retour par l'arête E et cette nuit à Konkordia n'existeront jamais.

Finalement ce fut l'Haslerrippe qui m'attirait le plus car mon expérience en face N se situe surtout dans les Pyrénées, et je souhaite expérimenter d'avantage dans les Alpes pour me préparer à de futurs projets. Par ailleurs le fait que cette Haslerrippe soit très peu pratiquée est quelque chose qui m'attirait. Je me lance donc dans l'Haslerrippe sans avoir vraiment défini la sortie que je voudrai prendre. Jusqu'au dernier moment j'hésitais entre continuer tout droit dans la glace sans passer par l'arête, ou bien alors rejoindre l'arête comme indiqué dans le topo. Ce qui me faisait redouter l'arête est que le risque d'avalanche était à 3/5 et je me disais que c'était là le plus expo. Mais la première partie de la montée m'a convaincu que le manteau était assez stable donc c'est finalement là bas qe je suis allé. Par ailleurs j'avais un peu d'apréhension à l'idée de faire cette face de 200m de glace à 50° (45 sur la fin), en versant Nord donc glace cassante. J'ai moins d'expérience là dedans que cette arête qui m'a fait beaucoup pensé (mais en plus facile car en meilleures conditions) au couloir oublié au Grand Astazou dans les Pyrénées, ma dernière course du 27 février. J'ai trouvé cette arête mixte Haslerrippe en bonnes conditions car dans les parties mixtes il y a une sous-couche de neige ferme qui permet d'ancrer les crampons de manière fiable (a contrario de ce couloir pyrénéen que j'avais fait fin février).

Voilà donc que je débarque à 13h en haut se cette Haslerrippe. Une satisfaction évidement, car c'était la condition pour que je sois encore en vie. En effet il y avait quand même un certain nombre de crevasses dans les pentes de neige du début, j'ai dû parfois me faire léger pour les franchir, en répartissant mon poid sur mes 4 membres. Je ne voulais pas prendre le risque de refranchir ces crevasse en désesclade, car j'ai l'impression que quand on descend c'est beaucouo plus dure de "se faire léger". Et par ailleurs j'avais également peur que les plaques avant soit plus facilement déclenchables à la descente qu'à la montée (nos mouvements sont toujours plus brusques en descente). Voilà pourquoi je voulais à tout prix éviter la desescalade, le salut se trouvait donc en haut.

Comme il est déjà 13h, la question se pose alors de rentrer sans faire le sommet (car ce sommet est encore à 500m de dénivelé au-dessus, et c'est long). Du haut de la Haslerrippe il existe deux façon de renter sans faire le sommet : descendre les pentss sud de l'Aletschhorn, ou suivre l'arête vers l'Est jusqu'au dreieckhorn et redescendre ce dernier. Mais j'ai vraiment beaucoup de mal, en alpinisme, à renoncer. Je ne prends quasiment jamais de but et je peux me contenter de conditions moyennes pour réaliser la course quand même. Je n'ai pas non plus de problème à terminer une course à la nuit tombée, je considère que ces paramètres peuvent être gérés en sécurité. Ainsi je prends la décision de poursuivre jusqu'au sommet de l'Alerschhorn, peu importe le temps que ça me prendra. Evidemment, je ne pensait pas du tout que ça me prendrait autant de temps. Je me disais 15h au sommet, peut-être 16h si je suis lent, quel n'a pas été mon aggacement de voir que je n'y suis arrivé qu'à 19h10 ! Le premier obstacle qui m'a ralenti (outre mon manque d'appétit) a été le grand replat sur l'arête NE, à 3800m environ, sous l'antécime. À cause du brouillard ça n'a pas été simple de de repérer, heureusement qu'il y a quand même eu quelques éclaircies. Au bout de quelques mètres je me suis rendu compte que je n'y arriverais jamais si je ne remettais pas mes skis. Ça brassait tellement ! Donc je mets mes skis et avance péniblement dans le brouillard. Jusqu'à l'antécime. Cette dernière était quasiment toute en glace (du moins sur sa partie droite, la partie qu'il faur grimper pour éviter les deux larges crevasses qui barrent toute la face). Je me tape donc 100m de glace vive en versant Nord. Mais la pentes n'est pas excessive (45°). C'était une expérience intéressante, je pense que ça m'aidera à l'avenir pour avoir la confiance nécessaire pour se lancer dans des faces glacées. En remontant ces pentes de glace je suis conscient que si je redescend par le Dreieckhorn, mon plan initial, je devrais desecadé aussi ces pentes dd glace. En effet je n'ai que 30m de corde er je ne voudrais pas me lancer dans une succession de lunules révarbatives. Ceci dit, j'ai remarqué que la désescalade de la glace est moins physique l'esclade, car avec l'impulsion du corps qui descends, led crampons se plantent beaucoup plus faliment, solicitant beaucoup moins les mollets. Ainsi je m'intérroge sur la raison pour laquelle les gens évitent la désescalade de faces de glaces ou de neige régulière ou il n'y a pas besoin de regarder ses pieds piur trouver des prises ?

En haut de cette antécime il reste encore un peu plus de 100m de D+ pour atteindre le sommet. Et ça comment par un replat. Cette fois ci je néglige de mettre mes skis. Mais ce sera long. Et avec une visibilité très réduite à cause du brouillard. Finalement je finis quand même par parvenir au sommet, à 19h10.

Viens alors la question de la descente. Je me dis que la descente par le Dreieckhorn va être extrêmement longue ! Par ailleurs je dispose d'une connexion internet qui me permet de consulter le topo de l'arête SW. Je décide donc de descendre par là, le cheminement de nuit sur cette arête et le glacier en dessous me semblant plus simple que la descente du Dreieckhorn.

Le début de l'arête se passe bien avec les piquets régulièrement disposés. Ensuite la nuit tombe et il neige un peu. Mais le cheminement est logique. Par contre à la fin il faut trouver comment prendre pied sur le glacier. Au début j'ai un peu de mal, puis je télécharge la carte gpx d'un utilisateur de camp to camp qui a fait cette course. Cela m'aide beaucoup et ça m'aidera aussi pour le cheminement sur le glacier de nuit, pour éviter les séracs.

Comme on pouvait s'y attendre, comme le glacier est orienté sud, dès qu'il fait nuit la neige devient très croûtée ! C'est là que ça devient pénible. Il n'y a aucun plaisir à skier dans ces conditions. Je suis incapable de faire un virage (je tombe une fois sur 2 lorsque j'essaye). Ainsi je descendrait tout les 1000m de descente avec ded conversions aval, pour éviter de faire des virages.

Tout la difficulté est d'éviter les zones de crevasses et de séracs, aindi que les portions raides. La czrte GPX est très utile, car en plus de la nuit il y a du brouillard et quelques fllcons ! Mais il faut sortir son télephone à chaque virage et c'est pénible. À un moment je vois une longue crevasse dont je ne distingue pas les extrémités. Je vois juste un pont de neige au milieu. Je décide donc de le franchi. Mais voilà qu'en dessous il y a de multiples autres crevasses, séracs. J'essaye de continuer un peu, je descends un peu plus. Puis je vois que c'est un cul de sac, je suis bloqué. J'essaye de voir si je peux remonter avec mes skis au pied (un ski après l'autre, perpendiculairement à la pente). Mais c'est peine perdu, il n'y a qu'une dizaine de cm de neige pae dessus de la glace de sérac. Je comprends donc que je n'ai pas le choix que de troquer les skis pour les crampons, pour me sortir de cette situation. Au cours de cette manipulation délicate l'une de mes sandalles est malheureusement partie dans le vide : je serai contraint de voyager en chaussures de skis lors du trajet en train du retour ! Une fois qur j'ai à nouvrau mes crampons aux pieds et skis sur le sac je remonte donc le champs de séracd pour me retrouver au dessus. Suivant les conseils d'une des cartes gpx je décide de tenter de contourner par la droite. Je choisi donc un endroit pour descendre, cette fois-ci crampons aux pieds. Je n'ai pas envie de prendre à nouvezu le risque d'être bloqué à skis. Je descend donc en crampons un champ dd petits séracs. Il y a peu de neige : une dizaine de cm repode sur de la glace. Je fais en sorte d'avoir ded points d'appuie solides avec mes piolets au cas où je mette le pied dans une petite crevasse. En effet il y en a partout dans ce champ de crevasse, plusieurs fois mon pied c'est enfoncé un peu trop facilement. Je descends donc ce champs de petits séracs et je finis par trouver un passage. En dessous ce dont des pentes de neige. Mais comme il fait nuit je ne sais jamais jusqu'à quand, il faut être particulièrement attentif aux ruptures de pentes. Après une centaine de mètres descendus en crampons j'arrive dans une zone moins raide et je decide de remettre les skis. Beaucoup de temps ont été perdu dans cette histoire, il est déjà 3h du matin passé. Je continue donc à skis, et en suivant les cartes gpx je parviens à déterminer par où il est judicieux d'éviter chaque sérac. Ver 3300m d'altitude le glacier devient plus régulier, je peux skier tranquillement la fin, toujours avec la technique "conversion avales" car la neige est croûtée. Après le glacier viennent d'autres pentes, pas trop compliquées à gérer avec une trace gpx. Vers la fin, il commence à faire jour. C'est donc à la lumière du jour que je descendrqk le glacier de vallée jusqu'à la passerelle. Comme la neige est croûté je garde les peaux (il y a trop de frotement en "brisant la croûte").

J'arrive sous le refuge Oberaletsch vers 7h mais finalement je n'y monte pas car j'ai déjà trouvé de quoi me recharger en eau et j'ai encore mon pic nique de la veille qui me servira de petit-déj. La dernière partie du glacier avant la passerelle peut se faire à skis en allant bien chercher les névés de la rive droite, et en évitant les pierres/coulées de boue. Les peaux sont nécésdaires car le terrain est irrégulier et on remonte souvent. Finalement à 11h30 j'arrive à la passerelle. Non loin au-dessus il y a du signal ce qui me permet de rassurer ma femme qui avaient pour seule information que j'avais atteint le sommet à 19h et que je rentrerai à la nuit.

Ensuite la journée ne s'arête pas car il faut encore marcher jusqu'à Bletten. Le téléphérique de Belap ne fonctionne pas le weekend. J'ai la chance d'avoir organisé tout ça sans voiture, uniquement en train, ce qui évitera les problème de point d'arrivée différent du point de départ.

Cette course est ma première en tant qu'homme marié. J'ai l'impression d'avoir réussi à maintenir mon niveau d'engagement d'avant le mariage. Je pense que c'est important de rester soi-même, que l'on soit marié ou pas.

La Haslerrippe était en bonnes conditions ! La partie haute est en glace mais elle ne fait partie de l'itinéraire qui rejoint l'arête juste avant. Donc l'itinéraire de la Haslerrippe et compètement en neige. La neige n'est pas couic, certes, avec les 30cm tombés récemment, mais c'est tout de même bien pour porgresser, y compris dans les zones en mixte pour rejoindre l'arête.

Par contre l'arête NE de l'Aletschhorn, qu'il fallait emprunter après la Haslerrippe pour gagner le sommet, était en mauvaises conditions. Les partie plates font énormément brasser, heureusement que j'avais mes skis pour m'en sortir ! Et l'antécime 4085m et en glace !

Enfin l'arête SW est en bonnes conditions. Mais évidemment la neige était croûtée pour la descente du glacier (orienté sud) dans la nuit.

Aucune trace nullepart et personne de croisé.

Jeudi soir (15h30 - 19h30) : ascension du Mönch en aller-retour par l'arête SE

Vendredi : 5h45 : départ de Mönch hütte 8h20 : arrivée au pied de la Haslerrippe 13h20 : arrivée au point 3718 sommet de la Haslerrippe 19h10 : arrivée au sommet de l'Aletschhorn. Décision de descendre pae l'arête SW Minuit : arrivée au pied de l'arête SW

Vendredi : 0h30 : départ se la descente du glacier, à skis 4h30 : sortie du glacier 6h : arrivée sur le glacier du bas 7h : passage sous la oberaletsch hütte 11h30 : sortie du glacier, arrivée à la passerelle 15h (après quelques pauses): Belalp ouest 17h : Blatten b. Natters

La météo était annoncée moyenne : beau le matin, nuageux dans l'après-midi, et 2cm de neige en soirée. C'est effectivement ce qu'il s'est produit. Il n'y avait que très peu de vent.