Pic de la Grave : Face N (voie normale)
Première course en totale autonomie pour Thomas et moi. En sortie de blessure, c'est une course idéale pour reprendre et réviser la technique: peu d'approche et variété de l'itinéraire. Ce jour-là on sera 5 cordées sur l'itinéraire. On ouvre la voie jusqu'à la rimaye où on se fait rattraper par un guide et ses deux clients. Le temps de retirer les skis et de passer en crampons, ils sont déjà loin sur la pente de neige. Le passage de la rimaye se passe très bien, on ajuste l'encordement pour la pente qui suit et on se lance véritablement dans la course. L'altitude et mon déconditionnement de cet hiver se font sentir, surtout avec le poids des skis sur le dos. Le projet initial de les laisser à la rimaye s'est vite fait balayer par l'enthousiasme de Thomas à skier la pente. J'étais un petit peu plus dubitative du changement de plan (peur des pentes à ski quand tu me tiens) mais monter les skis n'engageait à rien. L'arrivée au petit col entre l'antécime et le sommet est plus que bienvenue. On trouve un coin pour décharger les skis et les sacs pour parcourir l'arête légers. On rajuste l'encordement, je bloque mes anneaux de buste et les deux cordées, des parents avec leur deux fils, avec qui on s'était préparé à l'arrivée du TK nous rattrapent pendant notre pause manip. Je pars devant. L'arête se parcourt facilement entre pentes de neige et passages sur le rocher. Quelques becquets sont présents pour l'assurage. Le temps d'ajuster l'encordement qu'on avait laissé un peu trop court pour parcourir certains passages en micro-longueurs, je propose à la cordée du père de nous dépasser. On continue en sandwich entre les deux cordées familiales jusqu'au sommet. On discute un peu puis il est temps de parcourir l'arête en sens inverse. De retour aux skis, une autre cordée prend pied sur le petit col. Ayant vu la cordée du guide descendre la pente non sans difficulté, Thomas n'a pas trop de mal à me convaincre de chausser les skis. Je dérape pour la partie la plus pentue et Thomas me rejoint en virages sautés entre la roche qui affleure. J'engage enfin un premier virage, la neige a décaillé et se skie bien. J'approche la rimaye doucement pour trouver un passage peu ouvert et fais le petit saut. Thomas me suit mais réceptionne un peu plus lourdement et le pont de neige s'effondre après son passage. Le retour à la gare 2400m se passe sans encombre. Le passage de la brèche Pacave nécessite de déchausser et marcher sur une vingtaine de mètres.
La rimaye était ouverte en son centre et bouchée aux deux extrémités. Neige dure en début de journée, bien transformée en neige de printemps une fois redescendu au TK (encore portante sur le Pic à la descente). Peu de neige côté Vallons de la Meije mais ça skie jusqu'à la gare 2400 modulo quelques passages sur un ski pour éviter les cailloux.
Départ de la gare des Ruillans: 9h30 Attaque de l'arête: 12h Retour à la gare de 2400m: 14h50
Grand beau, un peu de brise sur l'arête