Presque braquage Pointe des Arces

C’était parti pour faire un bon braquage dans les Bauges : paysage magnifique, neige à gogo partout. L’Arclusaz, l’Arlicot, tout plaqué, vraiment beau. On part du parking (juste avant le panneau d’interdiction). Le garde forestier passe par là pour faire faire demi-tour aux voitures garées plus loin. On commence donc tranquillement ; il a bien neigé, même dans les parties sous la forêt. On commence à voir la face de la pointe des Arces : dingue ! Limite peur tellement c’est grand.

On monte par l’arête NNW afin d’éviter la montée décrite dans le topo. On arrive à environ 50 m sous le sommet et on décide de dépeauter ici pour préparer la descente. Deux personnes continuent jusqu’au sommet.

On fait un check des conditions nivo : ça a l’air OK, même si la face reste impressionnante. On décide d’y aller un par un, sans arrêt au milieu. Avec nos téléphones, on pourra se contacter et dire à l’autre d’y aller (des talkies auraient été préférables). Étienne se lance, nous quatre restons en haut pour l’avoir en visu mais, malheureusement, la topographie fait qu’on le perd rapidement de vue. Cinq minutes plus tard, il m’appelle : « Ça a l’air stable, il faut tirer à droite au-dessus d’un sapin isolé. » OK, on attend. Trois minutes plus tard, il m’appelle de nouveau : « Je me suis fait mal au genou, pas besoin de venir… aïe, si, il faut que quelqu’un vienne. »

Aussitôt, Thibs contacte le 112 et moi je file rejoindre Étienne. Pas très rassuré dans cette large face : la neige est bonne, je suis ses traces jusqu’à le voir, au pire endroit pour tomber, en plein milieu d’une sorte de gros goulet assez large où toutes les coulées se rejoignent… Je commence à traverser vers la rive droite, j’enclenche deux ou trois virages et là je vois du sluff descendre, beaucoup, en direction d’Étienne. Je remarque mon erreur, je tire encore plus à droite. Malheureusement, le sluff prend de la vitesse et emporte Étienne sur une cinquantaine de mètres, le recouvrant pratiquement. Je ne le perds pas de vue et je descends au plus vite le rejoindre. Il a réussi à s’extraire de cette coulée.

J’ai fait de la merde. Il me crie dessus (normal). On est tous les deux en plein milieu d’une face qui pue vraiment niveau coulées, avec juste en dessous de nous une sorte de mini barre rocheuse. On n’avait vraiment pas envie que tout parte…

Étienne appelle les secours de son côté ; ils recoupent les infos avec le groupe de trois resté en haut. Les secours sont prévenus. Entre-temps, je contacte Thibs pour lui dire que les deux personnes qui étaient au sommet ne doivent surtout pas descendre. J’entends à travers le téléphone qu’il réussit à les prévenir de ne pas descendre.

Une heure plus tard, dans le froid et le stress, l’hélico arrive, prend en charge Étienne, et moi je redescends, moyennement confiant, jusqu’à la trace de montée en bas du goulet, rejoignant mes trois autres potes. L’hélico m’a quand même gardé en visu pendant la descente, au cas où. Merci à eux ! L’appui patin est impressionnant !

Météo/températures : Pas froid j'ai pas regardé Conditions d'accès/altitude du parking : route partiellement enneigée le matin Altitude de chaussage/déchaussage : 800 Conditions pour le ski : neige lourde jusqu'à environ 1100/1200, au dessus neige légère froide.

Conditions nivo et activité avalancheuse : RAS avalanche mais beaucoup de sluff dans la face.