Dévoluyte : maladie hautement contagieuse (Crête de l’Etoile, Crête de la Plane, Tête des Ormans)

Dès que j’eus exhalé le mot de Dévoluy, B, C, D et même M furent immédiatement contaminés. Lorsqu’ils eurent humé ces capiteuses fragrances de neige parfumée à l’églantine et au genièvre, leur cas s’aggrava. Et quand ils eurent ingurgité tous les mets addictifs concoctés par Sylvie au Gîte de St Disdier, ils furent définitivement perdus. Il faut dire que cette bienfaisante maladie ne nécessite même pas de conditions particulièrement favorables pour la contamination. Ni une croûte infâme, ni un soleil parcimonieux ne l’empêchent aucunement.

Précisons également que nous avons justement choisi 3 journées très peu ensoleillées non seulement pour préserver notre teint mais aussi pour ne plus être suspectés de voler le soleil du 05. Pourtant, l’astre mouillé qui ne fit que de brèves tentatives d’apparition entre les nuages ressemblait étrangement à la ronde lueur blafarde qui pendouillait au-dessus du frêne de Pleynon (Chartreuse, pour les ignares) quelques jours auparavant. Ne souhaitant cependant pas être traités à tort de voleurs de soleil, nous en capturâmes quelques rayons, les enveloppèrent dans un étui isotherme que nous avons suspendu au genévrier numéro 3805 au-dessus de Grand Villard pour servir en cas de besoin et témoigner de la solidarité montagnarde entre skieurs du 38 et du 05.

J1 : 7/2/26 - Crête de l’Etoile : une neige de cinéma Départ 8h40 – D+ 1095m – 12 km – cotation 2.1 - skiabilité médiocre - itinéraire topo Avec Bernadette, Catherine, Dominique et Marc

Ben oui, quand vous avez dit « neige de cinéma », vous n’avez encore rien dit. Vous pouvez déclarer ceci sur les réseaux sociaux des derniers salons où l’on cause, mais pas sur ST. Ici, il faut du factuel. Il vous faut préciser quel genre de cinéma. Nous pouvons faire état de plusieurs. Burlesque : quand tour à tour, chacun, même le (la) meilleur (e) d’entre nous s’abousait les 4 fers en l’air et laissait croire que quelques marmottes cherchaient prématurément à prendre l’air Animalier : quand la traceuse de choc effaroucha des chamois surpris par l’arrivage de skieurs inconscients de la descente qui les attendaient Documentaire et didactique : pour que les prochains candidats à la Crête de l’Etoile sachent faire la différence entre une dépression creusée par un postérieur attiré par la gravité et un vrai chourum (l’un parfois à côté de l’autre) Horreur : quand votre servante, grisée par le final de cette descente en totale contradiction avec ce qui avait précédé, fut surprise par la fin de l’enneigement à l’entrée de Grand Villard, chuta dans le talus terreux et accepta la main secourable d’un ancien spéléo, seul membre de l’équipe formé au secours en milieu boueux. La Fontaine de l'Adroit était déjà un peu loin pour le nettoyage, la Mitaine de la Maladroite a dû faire l'affaire

J2 – 8/2/26 – Crête de la Plane : enfin du ski, du vent aussi Départ 9h10 – D+ 1000m – 12km – cotation 2.2 - skiabilité correcte Avec Bernadette, Catherine et Marc

Départ rural au Pont du Villard derrière un corps de ferme résonnant du bêlement des moutons et de l’aboiement des chiens. Montée bucolique jusqu’à la sortie des bois où un vent pas très accueillant (pas très 05 donc, ou je me trompe ?) s’engouffrant dans le vallon de Rabou nous fit la fête. Mais, sans doute regrettant son mouvement d’humeur, il retomba comme un soufflé à la hauteur des Antennes. Ce qui nous permit de suivre la looongue crête en profitant du paysage sans avoir à cligner des yeux. Au sommet, la vue sur le Pic de Bure plâtré est mémorable. Elle restera gravée sur nos rétines. Descente dans un festival de poudre parfois soufflée, parfois encore croûtée dans le haut. Mais la pensée de la veille nous la fit paraître quasi parfaite. L’indulgence est une chose relative.

J3 – 9/2/26 – Tête des Ormans : brumes et jour blanc intermittent, un peu de croûte, sinon un enchantement. Départ 9h – D+ 935m – 16km – cotation 2.2 - skiabilité correcte Avec Bernadette, Catherine et Marc

Pas tout à fait certains de trouver un enneigement suffisant dès le départ, nous partîmes cependant confiants. Et avons eu raison de l’être. Bien sûr, il fallut oublier la montée par le GR, possiblement trop accidentée. Donc : RF de la Forêt d’Aune (5km depuis le départ) mais confort jusqu’à Boudelle. Un gué à passer au Torrent du Clos des Anes. Promenade plaisante jusque sous les Charontoux où chaque membre de l’équipe choisi l’itinéraire qui lui convenait le mieux pour se retrouver à l’aplomb du Col de Plate Contier. Là, la brume nous enveloppa par intermittence et nous restâmes sur la Crête à env 20m sous le sommet de la Tête des Ormans lourdement cornichée. Ce qui n’empêcha pas une vue saisissante sur la Tête de Garnesier, le col de Corps, le Roc de Garnesier et même sur le Haut Bouffet cachant le Col des Aiguilles. La descente s’avéra d’une aisance relative jusqu’à 1800m environ en raison de zones de croûte fine difficiles à déceler par jour blanc. Ensuite, ski de printemps jusqu’au gué, petite remontée puis longue glissade avec quelques zones de pousse-bâton jusqu’au parking.

SORTIE DES 7-8 et 9/2/2026

Météo/températures : LES 3 jours -3° au départ, températures positives au retour - ciel plutôt nuageux avec des éclaircies sporadiques - un peu de jour blanc à J3 - vent soutenu en J2 pendant 2h env.

Conditions d'accès/altitude du parking : routes non enneigées J1 - parking du Grd Villard (1252m) - J2 - pkg du Pont du Villard (St Etienne en Dévoluy 1354m) - J3 - pkg de la Cluse (1230m)

Altitude de chaussage/déchaussage : J1 - à 5mn du pkg - J2 et J3 au pkg

Conditions pour le ski : J1 - une petite centaine de mètres encore bien poudreuse à partir du sommet, ensuite croûte infâme entrainant une hécatombe jusqu'à l'entrée dans les genévriers, puis neige ramollie jusqu'au déchaussage J2 - poudre soufflée, légèrement cartonnée sur la crête puis belles zones de poudre au fond des vallonnements alternant avec de la neige soufflée, un peu cartonnée jusqu'au Jas des Barges puis neige durcie légèrement ramollie jusqu'au pkg J3 - neige soufflée et légèrement croûtée jusque sous le Col de Plate Contier, puis neige quasiment de printemps jusqu'à Bourdelle, RF bien déroulante avec une seule courte section de pousse-bâton tout comme le dernier km final après la passerelle sur l'Abéou Globalement, on peut qualifier la skiabilité correcte malgré la partie calamiteuse en J1

Conditions nivo et activité avalancheuse : RAS - des coulées pré-exisgtantes déjà signalées sous les Archers