Doublette au Pic de Ginèvre
Itinéraire suivi : Station de ski de Puyvalador - Pic de Ginèvre - Descente en direction de l'Etang de Quérigut jusqu'au point côté 2077m (Soulane) - Pic de Ginèvre - Station de ski de Puyvalador. Horaires : 10h30/16h45.
Départ tardif pour cette journée avec cet itinéraire de repli, abandonnant l'idée de l'ascension du Madres au départ d’Odeillo faute de neige suffisante pour se tourner vers la station fermée de Puyvalador, silencieuse et vidée de ses foules. À 10h30, l’air est déjà doux, autour de 2°C, sous un ciel voilé qui adoucit les contrastes et donne au paysage une atmosphère feutrée. L'ascension par les pistes désertes et les remontées à l’arrêt composent un décor un peu mélancolique. En effet, la station inaugurée en février 1982 avait fermé une première fois en 2017 plombée par les déficits financiers avant de rouvrir en 2019 sur la partie basse de la station (téléskis) mais le Covid et son année blanche n'a pas aidé. En 2022, un litige (procédure en cours au tribunal administratif) opposant le repreneur (un ancien maire de Puyvalador) à la mairie entraîne à nouveau la fermeture de la station. Depuis c'est toujours l'incertitude avec des réflexions en cours vers une reconversion du domaine skiable.
La montée se déroule dans une ambiance calme, jusqu’aux abords du sommet où le vent se rappelle brusquement au bon souvenir du skieur. Cette transition entre le calme de la station fermée et la violence du vent au sommet donne à l’ascension une vraie intensité : des températures dignes d'un début avril au départ et l'hiver au sommet comme si la montagne se refermait progressivement avant le coup de vent attendu. La première descente, jusque vers 2077 m, est un vrai plaisir : une poudreuse humide mais homogène, facile à skier, qui répond bien sous les spatules et permet de beaux virages souples. Je profite du soleil bien revenu et à l'abri du vent pour faire ma pause déjeuner, bien tranquille, avec pour seules compagnies le silence du vallon et le murmure du vent en altitude.
La remontée vers le sommet est plus longue que prévue, car au premier tiers de l'ascension, je récupère une trace qui s’étire jusqu’au Pla de la Lauze, avant de revenir vers le Pic de Ginèvre. La trace traverse une forêt de pins dense, où je serpente entre les troncs, protégé un temps des rafales avant de déboucher au sommet où le vent s’est nettement renforcé avec des rafales qui viennent fouetter le visage, annonçant clairement l’arrivée prochaine de la tempête Pédro. Cette dernière descente ne restera pas dans les annales avec les premiers 250 m de dénivelé où les rafales ont croûté la neige, la rendant dure, cassante et désagréable à skier, obligeant à la vigilance et à une trajectoire plus que retenue. Plus bas, en revanche, la neige se transforme à nouveau, prenant des allures de neige de printemps avant l'heure, parfois bien molle dans les orientations Est, mais bien plus agréable à skier. Cette alternance de conditions, de la bonne poudreuse humidifiée, du mauvais croûté et enfin de la moquette lourde mais ludique, résume bien la journée : une sortie riche en contrastes, entre station muette, forêt de pins serrée, crêtes et sommets ventés et vallons où l’on retrouve le plaisir du ski😊
Météo/températures : Beau temps assez doux avec un ciel voilé par moment et du vent en altitude autour de 50/60 km/h, se renforçant nettement en cours d'après-midi à l'approche de la tempête Pédro. +2°C au départ. Conditions d'accès/altitude du parking : Route bien dégagée. Altitude de chaussage/déchaussage : 1700m. Conditions pour le ski : Neige de printemps sous 2000m environ, poudreuse humide au-dessus en versant Nord mais croûtée en milieu d'après-midi suite au renforcement du vent.
Conditions nivologiques et activité avalancheuse : BERA à 3 en Capcir. Aucune coulée observée y compris dans les pentes raides de proximité.