Une aiguille dans une botte de poudre

Itinéraire suivi : topo Horaires : 6h40 départ parking. 8h30 attaque voie normale. 12h au sommet.13h attaque de la descente. 14h45 retour parking.

Il y a des journées qui marquent les esprits, mais cette journée là aura surtout marqué nos esprits des lecteurs du Dauphiné Libéré.

Pour ce qui est des conditions, personne n'aura manqué de constater que ce début d'année a vu beaucoup de neige tomber à basse altitude. On a pu se promener bas en Chartreuse, dans les Bauges, les Aravis, dans le Vercors et à Montmartre.

Depuis quelques semaines Vivian skiait des trucs jolis et bas, loin de son massif Chamoniard. Depuis quelques année, lui et moi regardions le Mont Aiguille pour y skier, lui dans les traces de ses mentors Rémi et Pierre, moi en chauvin Dauphinois. Depuis quelques mois Xavier sortait de sa Savoie. Bref, c'était logique d'aller voir les Tubulaires de plus près.

Les gars ont récupéré des infos, et sont allés faire un repérage précis la veille, dimanche 8 février. Le matin, on est partis du parking avec un max d'infos, les photos bien en tête, et quelques friends/pitons/broches/sangles/cordes/piolets/crampons. Vivian le skieur. Xavier le grimpeur. Et moi, à peine grimpeur, un peu skieur, et le seul à connaitre cette montagne et sa voie normale pour y être monté quelques fois.

Selon moi, le vrai problème de cet itinéraire à ski, c'est la complexité à trouver des conditions à la fois idéales de grimpe et à la fois optimales pour skier. Sec, comme c’est très souvent le cas au cours de l'hiver et lors des répétitions, la montée est simple mais le ski peu engageant. La montée est alors évidente, avec parfois un peu de glace mais le rocher accessible et les ancrages visibles. Pour la descente, elle est alors en neige dure, dans une pente étroite et elle reste engagée.

Bien enneigé et froid, le problème change. La montée devient beaucoup plus complexe si on cherche de la poudre, puisque l'itinéraire est moins lisible, difficilement protégeable et ensuite les câbles ne sont pas toujours accessibles et utilisables. Pour la descente, c’est bien plus glamour, même si, alors, c'est la nivologie qui fait réfléchir à deux fois. C'est large, c'est doux, c'est beau et skiant.

Depuis notre balade là haut, au moins deux cordées ont buté dans les premières longueurs. Sur le topo, c'est débonnaire. Dans l'Histoire, ça reste le Mont Inaccessible. Lors de notre journée, il y avait Xavier comme Joker et comme dans Batman il rigolait, et nous on a serré les fesses.

Météo/températures : grand beau, 0°C au parking Conditions d'accès/altitude du parking : route sèche Altitude de chaussage/déchaussage : parking Conditions pour le ski : 4/5

Conditions nivo et activité avalancheuse : on a pris nos précaution, il y avait beaucoup de neige et quelques volumes dont on s'est méfié, mais rien vu bouger