Col de la Vanoise : sondage sous Génépy (les rochers) avec les CRS

Sortie avec Stéphane et Laurent, secouristes à la CRS Alpes. Pour gagner du temps on décide de s’aider des remontés et on ne met les peaux qu’aux Barmettes. Pour la descente on a plusieurs options, mais contraints par le temps et après 1h40 de sondage, on opte finalement pour la combe de l’Arcelin en suivant les Rochers du Génépy. Pour le Dard, on reviendra. Merci à la station de Pralo pour le coup de pouce.

Météo/températures : beau, -1°C à 13h au sondage Conditions d'accès/altitude du parking : front de neige Pralo Altitude de chaussage/déchaussage : haut du TSD Genépi / front de neige Conditions pour le ski : La perturbation de samedi dernier a été généreuse en neige légère (20/30cm à 60 kg/m3 vers 2500 m), puis le vent d’Est a rebattu les cartes dimanche. Avec cette neige légère, le transport a été efficace dans le secteur : la surface est au pire cartonnée dans les endroits les plus exposés (dans l’axe du Col de la Grande Casse) mais en règle général plus ou moins densifiée en surface. Malgré cette densification par le haut (très souvent modeste, et qui peut passer inaperçu), l’enfoncement reste assez important même à ski, et les traces sont profondes. Ce profil de densité est même plutôt gênant à la descente : alors qu’on s’attend à skier une poudre de cinéma, on se retrouve avec des skis en sous marin qui peinent à déjauger! Seul remède : la pente, où le ski devient plus agréable. Plus bas et dans les versants ensoleillés, la densifications est plus importante par humidification, ce qui rend le ski plus facile mais il faut alors manœuvrer dans la neige lourde. Ces pentes voyant le soleil quelques heures ont croûté le matin avant de vite ramollir, mais sans que le nombre de cycle de gel permettent un vrai bon printemps en dehors du plein Sud.

Conditions nivo et activité avalancheuse :

Pseudo profil de plaque fréquent dans les pentes rencontrées, avec un profil de densité inversé (plus dense en surface que 2/3 décimètres plus bas). En revanche, la partie supérieure de la pseudo structure de plaque semble manquer de cohésion pour propager une éventuelle rupture de couche fragile. Deux couches sont toutefois identifiées comme pouvant être des couches fragiles actives : la neige récente la moins dense (légèrement enfouie), elle est donc temporaire et de moins en moins efficace la neige qui était en surface après les épisodes de mi février, et qui a subi un facettage (transformation en grain à face plane, donc perte de cohésion) lors de la période calme qui a suivi. Dans une moindre mesure, la petit chute de mercredi à jeudi dernier a aussi pu subir un facettage localement. Elle est plutôt faiblement réactive au test CT16, mais c’est la seule qui réagit. On retrouve ces élément dans le sondage que vous trouverez parmi les photos. A la marge, le gobelet de décembre est bien enfouie ici et ne réagit pas du tout au test. Attention au secteur ventés où il pourrait être peu enfouie et réactif car l’enneigement est moindre. D'ailleurs, la haute montagne de ce secteur semble assez sèche (nombreux rochers affleurant, glace vive dans les grands couloirs), à l’instar de nombreux versants sud.

Ces prochaines heures, il faudra surveiller la prise de cohésion de la surface lors du renforcement prévu du vent sur une neige encore légère. Cela va favoriser la création de structures de plaque dont la propagation de rupture devrait être plus efficace que ces derniers jours.