Obiou, 1ere de la Face NW historique

Itinéraire suivi : posterle, Faïsses, petit endroit, face en aller retour Horaires : 7:30/20h

Mercredi, jour de tempête à Cham, j’ai déserté et je prend un but dans les Aravis. Je vois que le Devoluy présente un enneigement colossal, et n’a pas reçu de vent, pour une fois. Je fonce. J’appelle Arthur pour qu’on change notre plan initial Chamoniard. L’Obiou. Je ne sais même pas comment raconter ou comment commencer le voyage le plus marquant de ma vie. Enfaite ça a commencé bien avant que je ne connaisse le nom de la montagne. Je devais avoir 10 ans quand avec mes parents nous descendions en vacances dans le sud, début août 2011 je pense. Route Napoléon, canicule et là de la neige sur cette face ou dessous. Je m’exclame « Mais c’est incroyable il y’a de la neige sur cette montagne isolée, je pensais que c’était à près de 4000m. Et non c’était l’Obiou. C’est comme ça que tout a commencé, En 2021 m’y voilà en été avec mon ex qui pleure dans les Chattieres parce que la pluie a gelé, j’en souris de sadisme en écrivant 🤣. 2024 je passe sous la Cluse en plein janvier où je porte de 1200 à 2200 en aller retour. Forcément j’avais pas envie de revenir. Entre temps j’ai repensé à la face, j’ai vu la balafre et je me suis dis pourquoi pas, mais il faudrai de sûr un alignement de planètes colossal. Ça semble pire qu’extrême . Je dors sous le parking, mais Putin enfaite je dors pas, j’ai ce sentiment disparu qui renaît en moi, l’excitation et l’anxiété alors que je pense potentiellement buter, à la fois je suis content de retrouver ça malgré la fatigue. On se fait une approche plutôt longue dans le four, c’est sublime, Arthur découvre le massif, c’est un virtuose, musicien de talent, grimpeur dans le 9e degré, ouvreur alpiniste et parfois skieur de pente raide. C’est beau, moi qui suis que skieur globalement Ahaha. Nous arrivons à l’attaque, instantanément c’est mixte, je me dis que ca s’annonce moyen, au final nous passerons en ski au retour finalement. Ensuite un couloir en poudre et ça traverse. On avance au bord des falaises, raide raide raide extrême. La ligne fait 500mnde dénivelé mais certainement un bon kilomètre en réalité. On avance malgré tout bien, jusque 2 pas de dalle horizontaux très aléatoires non protégés et très engagés. On se débrouille et poursuivons juste au dessus par un petit ressaut qu on desescaladera. Ensuite grandes pentes de neige en poudre parfaite. Tout s’aligne. Une corniche tombe assez loin mais sur la ligne dans des pentes extrêmes et très chargées, rien ne bouge. On est maintenant sûr de la stabilité, géniale. On se regarde dans des pentes où la neige a collé comme un miracle, « comment est ce possible », Lunaire, au dessus on arrive dans des mélanges de poudre parfaites et mixte pour aller sur les doubles vires. Cela fait 5h que l’on est dans la ligne et l’engagement commence à peser, on est sur des vires à 65 degrés minuscules dans des neiges plus variables et on ne peut pas mettre un point en horizontal et même de petites montées descentes pour prendre pieds sur les vires que nous skieront. Une fois arrivés on assure enfin le coup en installant un relais pour la descente et on poursuit jusque sous les cheminées sommitales. Le soleil est là depuis un moment je me pose des questions il fait si chaud, il est 17h passés quand nous chaussons. J’ai confiance en notre rapidité, mais on a le rappel, le déchaussage désescalade et pas de dalle ignoble à passer. Et le mixte de sortie que nous passerons finalement en dry. Et dans le même temps on doit laisser de l’espace entre nous avec le sluff. On sortira à 19h et un couché de soleil d’anthologie dans la face. Du ski d’une qualité exceptionnelle, un enneigement colossal, un voyage où nous n’aurons pas vu un être vivant de la journée. Un engagement inégalé que je ne pourrai reproduire régulièrement. 8h dans la ligne total où nous aurons aussi énormément brassé et pris le temps de faire les choses compte tenu de l’impossibilité de protéger. Quel bonheur que ce voyage, merci Arthur de m’avoir fais confiance pour notre première sortie ensemble.

Météo/températures : beau, très chaud Conditions d'accès/altitude du parking : 1170 Altitude de chaussage/déchaussage : 1170 Conditions pour le ski : exceptionnel sur les sections Nord, variables sur le reste, ça chauffe très très fort.

Conditions nivo et activité avalancheuse : chutes de corniches. Stabilité parfaite, homogénéité du manteau malgré des quantités monstres