MF ft CRS vers le Turia
Sortie réalisée avec Stéphane et Florian de la CRS Alpes d'Albertville. Merci à eux pour cette journée pleine de partage (et de bon ski) ! Merci également au service des pistes des Arcs pour le sérieux coup de pouce pour accéder rapidement à la haute montagne.
Météo/températures : froid mordant au vent, au l'ombre. Conditions d'accès/altitude du parking : RAS. Altitude de chaussage/déchaussage : 1250 le retour à Villaroger nécessite de déchausser à de rares moments, notamment à la traversée du village.
Conditions pour le ski : 15cm à Arcs 2000 m. La neige est remarquablement légère pour un 31 mars. Au matin, le fond se fait sentir sous cette neige de janvier. A partir du télésiège de Grand Col, on distingue les premiers observables liés au vent. Les croupes sont moins enneigées et on remarque quelques accumulations dans les creux. En basculant à Grand Col, on trouve 40 à 50 cm de neige très légère, pas plaquée malgré le fait que le couloir ait particulièrement chargé avec le vent de Nord. En contre bas, on retrouve des épaisseurs plus classiques de neige fraîche avec les croupes réellement dégarnies cette fois et les fonds de thalweg, les creux et les combes chargées de 20/30 cm très bon à skier. Plus haut en altitude, la neige fraîche se fait visuellement rare. Comme souvent, le vent a eu trop d'influence sur cette neige très froide. A la descente sur Villaroger, la neige au Soleil devient collante alors qu'elle reste froide à l'ombre.
Conditions nivo et activité avalancheuse : la neige fraîche est tombée très légère. Bien que ventée, le pentes skiées ce jour présentaient peu voire pas d'instabilité. Une plaque est partie naturellement en versant E de l'arrête NO du Mont de la Gurraz, probablement provoquée par la décharge de la falaise qui a chauffé aux premières heures du jour. A part ça, un bonne fissure sous les skis lors d'une traversée mais rien de plus. Même le Grand Col bien chargé n'héberge pas de structure de plaque. Dans ces conditions, les accumulations de neige sont facilement identifiables. Ce sont elles qui hébergent le risque de plaque "de surface" mais accumulation ne signifie pas forcément structure de plaque, surtout aujourd'hui.
La stratigraphie a été réalisé en N à 2600 m, sur le bord d'une moraine dégarnie. A cet endroit pas de neige fraîche (car dégarnie par le vent), mais du gobelet "faiblement" enfoui. Résultat des comptes, une épaisse couche de grain fin, correspondant aux chutes de neige de janvier et février isolent les grains anguleux de l'action d'un skieur. Pourtant le gobelet est en capacité de fonctionner - effondrement au 14eme coup lors du test de la colonne. En revanche, quand on se rapproche des conditions réelles, la réaction de cette couche est bien plus timide - test de la colonne étendu négatif. A l'image des conditions dans de nombreux secteurs de la Savoie, cette coupe illustre que la probabilité de déclencher une avalanche en mobilisant les grands anguleux de début d'hiver est assez peu probable. Le risque pourrait persister là où les grains sont "proche" de la surface ET qu'ils ne sont pas écrasés par du grain fin (neige ventée) extrêmement dur. Aussi, on retrouve en surface une neige cartonnée (grain fin qui repose sur une petite face plane) peu alarmante.