Dévoluyte : un pic de contamination : le Pic de Bure (+Crête de Peyne+Crête de la Plane)

Il fallait s’y attendre : vous avez été informés en temps utile de mon état de santé ; au début de la saison, un msg de prévention a encore été diffusé, le virus étant particulièrement virulent, une seule exposition au risque peut être fatale. Cette sortie en a encore apporté une preuve irréfutable.

Nous étions 3 pour ce WE. L’une (moi) atteinte depuis belle lurette, une autre (Linaigrette) contaminée - je ne veux pas savoir par qui - et Laurence, la savoyarde pour qui la frontière S de la Montagne s’arrête à Chapareillan, et qui, intriguée par mes symptômes, a voulu se rendre compte sur pièce. Eh bien, c’est fait. Le virus l’a saisie à l’âme dès le Pont de la Baume. Peut-être même qu’elle va déménager.

J1 – samedi 25/4/26 – UNE SAVOYARDE EN DEVOLUY Crête de Peyne (2056m) – Crête de la Plane (2340m) – départ 6h30 -cot 2.2 – skiabilité bonne – D+ 1200m – 16,5km Avec Laurence et Linaigrette

Une mission m’incombait : trouver une sortie où il ne faut guère marcher. Les savoyardes trouvent toujours de la neige devant leur voiture, c’est connu. Au départ du stationnement sur la RF de Bois Rond, il nous a fallu faire 800m linéaires et 57m de D+ à pied. Ma mission pouvait donc être considérée comme remplie et la sortie débuter sous les meilleurs auspices. Au printemps, une forêt qu’elle soit savoyarde ou dévoluyarde, c’est toujours une forêt : au petit matin, on écoute le gazouillis des oiseaux, puis quand les arbres s’espacent et diminuent en taille le roucoulement des tétras. Mais quand on émerge dans la Lauzière - pas celle de Savoie, grands dieux , celle avant le Jas de Barges ! – même la plus chauvine des savoyardes reconnaît qu’on est dans un pays de lumière sans nul autre pareil. Le Peyne a un versant E susceptible de nous offrir une petite descente matinale laissant un petit goût de bonheur. Il l’offrit sans l’ombre d’une hésitation. La Crête de la Plane fut missionnée pour en faire de même. Elle fit comme elle put, la matinée ayant bien enjambé l’après-midi. Par contre, le saisissant spectacle qui se déroule tout au long de la montée de cette crête n’échappa à personne, encore moins à notre savoyarde. Vue sur le Champsaur d’un côté, de Ceüse de l’autre. Le nez sur le Pic de Bure à l’arrivée au cairn sommital. On détecta même une petite arche. Un couple de lagopèdes trottinait sur le champ de neige, difficiles à distinguer car toujours en tenue hivernale. Un gypaète passa. Le bonheur, quoi !

J2 – dimanche 26/4/26 – OBJECTIF LUNE Pic de Bure (2709m) par Combe Ratin – départ 5h45 - cot 3.1 – skiabilité correcte – D+ 1250m – 17km Avec Linaigrette

Craignant sans doute les séquelles irréversibles d’une exposition trop brutale aux montagnes dévoluyardes, notre savoyarde déclara forfait pour l’expédition du lendemain, se réservant, outre une bonne séance de farniente au bord de la Souloise, un peu de cyclisme vers le col du Noyer, histoire de faire connaissance plus amplement avec ce merveilleux pays.

Vu ma lenteur légendaire, je n’étais absolument pas sûre d’arriver au sommet du Pic de Bure dans l’horaire requis. J’ai voulu tenter. Et j’ai rudement bien fait. L’entrée du vallon de Corne a toujours autant de charme, la Traversée Héroïque a renoncé à recevoir des skieurs. Ayant passé un peu trop tardivement des skis aux crampons, j’ai laissé beaucoup d’énergie pour arriver à Denflairar. Ensuite, derrière Linaigrette et son rythme régulier, mais (pour moi) soutenu, j’ai ajouté un pas après chaque pas et c’était différent et pas pareil, mais mieux. Quand la pente s’est adoucie, retour aux skis. La neige commençait déjà à s’attendrir. Dans le ressaut terminal, une bonne trace avait été faite et la sortie sur le Plateau était facile.

Quand les installations de l’IRAM ont apparu, j’ai beaucoup regretté que la savoyarde ne soit pas là pour ressentir encore davantage un salutaire dépaysement. Je n’avais plus souvenance de l’étendue du Plateau de Bure. 2,5km si je ne m’abuse entre l’Observatoire et le Pic, à faire à l’aller comme au retour, avec 50m de dénivelée entre l’Observatoire et le collet à 2511m et 200m entre ce collet et le Pic. Mais le voyage est si original, la vue si étendue qu’on oublie ce petit supplément d’effort. Et la descente, quand la neige est exceptionnelle – ce qui n’était pas tout à fait le cas ce jour – vaut aussi le voyage.

Alors Laurence, c’est pour quand une prochaine dans le Dévoluy ? Sans doute pas avant la saison prochaine, il me semble qu’on ait fait tout ce qui ne nécessitait qu’une marche d’approche ridicule. Le reste, je me le réserve.

Hébergement au gîte d'étape de St Disdier en Dévoluy, toujours de haute qualité. Même les clients étaient sympas. La sympathie aussi doit être contagieuse de l'hôte à ses clients.

Itinéraire suivi : topos

(je légenderai les photos demain)

Météo/températures : J1 - +2° au départ - 23° à l'arrivée - faible vent bien agréable - pas de nuages J2 - +3°au départ - 23° à l'arrivée - tjrs un vent faible surtout sur le plateau - ciel se mâchurant en fin de matinée - pour revenir au bleu pétant l'ap midi

Conditions d'accès/altitude du parking : J1 - stationnement RF du Bois Rond un peu avant la Fontaine d'Hurtillier (ensuite encore qq plaques de neige) J2 - stationnement un peu au-dessus de l'IRAM au 1er pylone du téléphérique

Altitude de chaussage/déchaussage : J1 - chaussage et déchaussage 800m après le stationnement J2 - chaussage à l'entrée du vallon de Corne par commodité : neige cassante - déchaussage à 5mn du parking

Conditions pour le ski : J1 - très bonnes dans la descente de la Crête de Peyne jusqu'au replat 1760 : neige revenue à point - bonnes au début de la descente de la Crête de la Plane puis plus molle et collante J2 - très bonnes du sommet du Pic de Bure au Plateau - bonne jusqu'à Denflairar quoique déjà un peu collante (+ résidus de colle sur les semelles) - très médiocre dans le Vallon de Corne - puis encore bien skiable avec davantage de glisse après le débouché du Vallon de Corne En moyenne donc skiabilité bien correcte.

Conditions nivo et activité avalancheuse : RAS - aucune coulée constatée le temps de notre passage - qq coulées pré-existantes en rive D du vallon de Corne