Montée des marches au col de la Pyramide ou la résolution de l’équation impossible

Énoncé du problème On considère une skieuse et productrice légendaire de Skitour : Taramont,. On ajoute un second sujet d’étude, moi, chargé de résoudre l’équation suivante :

Trouver une trajectoire temporelle, spatiale et neigeuse telle que : la chaleur ne transforme pas la neige en soupe, la fatigue reste dans des limites raisonnables, Taramont ne puisse pas dire « les hommes ne savent pas marcher derrière », et que la descente finale soit meilleure que la montée.

Lieu de l’expérience : secteur de l’Alpe d’Huez, col de la Pyramide, départ vers la route des lacs (2100 m). Heure imposée par l’équation : chaussage à 6h45.

Données du problème Donnée 1 : La chaleur monte, la neige remonte aussi—ou plutôt elle fond par le bas. Donnée 2 : Il faut franchir au plus vite la zone très laide de la station. Donnée 3 : Atteindre sans fatigue l'aplomb du Dôme des Rousses, pour entrer enfin dans la « zone non équipée », là où commence le paysage Taramont-compatible . Donnée 4 : Ne pas « épuiser la bête » (variable non déterminée), mais avancer assez vite pour ne pas revenir dans de la neige pourrie. Donnée 5 : Contraintes Taramont : C’est une relation d’ordre : (moi) derrière (Taramont) devant pour annuler l'affirmation « les hommes ne savent pas marcher derrière, il faut toujours qu’ils soient devant ». Donnée 6 : Dans la dernière montée vers le col, sur le « glacier » : -skis qui zippent, petite poudre humidifiée qui colle à mes peaux (pas celles de Taramont, évidemment), progression inefficace.

Tentative de résolution de la dernière partie du problème On teste une première transformation de l’équation : Si ça ne s’enfonce pas trop, alors Skis→sur le Sac et Montée→à pied> Mathématiquement, ça marche très bien pour l’adhérence et la vitesse.

Mais un nouveau terme apparaît dans l’équation :

Je passe à pied devant, alors Taramont se retrouve derrière. On monte les marches une à une Taramont est derrière, elle se laisse distancer.

Si elle se laisse distancer, elle se fatigue à vouloir suivre.

Donc la solution pour mieux monter devient une non-solution pour continuer ensemble. Mon IA interne (la mienne) conclut : Pour préserver Taramont, on annule la variable « sortie au col» et on introduit la variable « demi-col ». On s’arrête donc à mi-hauteur du "glacier", 11h 30, sur un léger replat à 3070, sous le col de la Pyramide. Là où c'est beau.

L’équation transformée devient celle de la résolution de la descente Sommet manqué + Pause contemplative = Course incomplète mais assumée sous réserve de bonne descente

Vue contemplative, papotage, énergie retrouvée—et Taramont souriante : l’équation humaine est sauve.

Descente – partie bonus de l’exercice La descente commence comme un joli correctif à l’équation tronquée : Surprise 1 : En skiant léger, c’est plutôt bon : petit grésil sur une couche fragile, ski agréable sur environ 300 m. Contrainte 2 : Plus bas, la neige, déjà bien travaillée par les pluies, se révèle piégeuse sous sa croûte. On descend environ 200 m dans ce piège à quadriceps, en effaçant la variable « galère ».

On retraverse ensuite, en sens inverse, vers secteur des pistes, puis enfin : Dernier terme de l’équation : une vraie descente de rêve dans le gros sel de la combe, jusqu’à la voiture. Neige de névé, ambiance printanière, satisfaction intégrale.

Conclusion – L’équation Taramont Au final, l’inconnue « col de la Pyramide » n’aura pas été résolue et restera inconnue : Sommet≠Atteint Mais grâce à l’arrêt sous le col, on a obtenu : une belle descente, une Taramont non épuisée, aucune polémique sur « qui doit être devant »,

et une course incomplète… mais parfaitement réussie. 12h30 en bas.

Solution optimale : abandonner la variable “sortie au col” pour optimiser la descente et mériter, au final, une bonne note. Pour une « équation impossible », le résultat s’est avéré probant.

Météo/températures : sommets accrochés au départ, puis beau avec nuages décoratifs, vent frais descendant jusqu'à 10h30 Conditions d'accès/altitude du parking : route des lacs 2100 carrossable sans véhicule particulier Altitude de chaussage/déchaussage : 2100 Conditions pour le ski : neige continue , très variable

Conditions nivo et activité avalancheuse : stabilité RàS, en haut grésil sur croûte résistante, autour de 2900 neige se pourrissant, en dessous de 2700 névé gros-sel