Cayres de la Cougourde: Goodbye Babyline
Approche Deux options s'offrent à vous :
Depuis le Boréon (France) : C'est l'option la plus courte à l'aller, mais elle impose le retour par le col de Fenestre et pas des Ladres.
Depuis Entracque (Italie) : Remonter le long vallon jusqu'au Refuge Soria Elena. Compter plus de 10 km de plat selon le déneigement de la route, mais le retour se fait intégralement en descente jusqu'à la voiture. C'est l'option recommandée pour profiter de l'ambiance sauvage du Val Gesso.
Itinéraire Il est déconseillé de remonter directement dans la ligne (neige très hétérogène, dalles rocheuses délicates en crampons). L'itinéraire de montée le plus efficace consiste à emprunter le début des lignes "Yadugaz" ou "USB-C pas gagné". Remonter ce couloir pour déboucher dans un vaste cirque suspendu qui mène sous le sommet. Quelques ressauts en neige/glace faciles. À environ 200 m sous le sommet, deux options :
À droite (recommandé) : Rejoindre l'arête pour sortir facilement au sommet (5.1/5.2) À gauche : Pentes plus raides (5.2/5.3) sortant directement sous la cime.
## Descente Le sommet est souvent dégarni à cause du vent. Chausser généralement 15 à 20 m sous la cime.
Le haut : S'engager dans un grand bol peu incliné en direction du deuxième petit sommet, Le Cairas. L'idée est de suivre le fil de l'éperon en privilégiant le versant N (gauche en descendant).
Le mur technique : Très vite, l'éperon demande de basculer franchement en face N par un mur raide (55-60°) pour récupérer un couloir rectiligne (échappatoire possible ici vers l'itinéraire de montée).
La grande traversée : Rester impérativement rive gauche (N) pour entamer une longue traversée sur le fil de la crête. C'est le passage clé : la neige y est souvent changeante (plaques, gobelets sur dalles). La progression demande beaucoup de délicatesse, certains passages entre les rochers approchant les 70°. Éviter de se laisser attirer par les pentes S à droite.
Le final : Repérer sur la gauche une crête en forme de "half-pipe". Plonger au centre de ce mouvement de terrain tout en restant proche de l'arête 45-50°(quelques passages à 55°). Le socle final est un labyrinthe de petites vires et de couloirs en "Z". En restant plutôt main droite, on finit par s'échapper sur la gauche pour déboucher exactement au pied de la cabane Soria Elena.
Finalement mise a part cette traversée la ligne est globalement très skiante!
C'est une ligne d'ampleur, sauvage et complexe dans sa lecture. Contrairement à d'autres couloirs plus directs, ici c'est l'art de "cheminer" qui prime. On ne cherche pas toujours le beau virage, mais la progression fluide sur un fil d'éperon. La cotation 5.4+ reflète plus l'engagement et la technicité des traversées que la pente moyenne. Avis aux amateurs de ski d'aventure, c'est sans doute l'une des plus belles ambiances du massif. À faire avec humilité, la montagne reste la seule juge ici.
L'ouverture de « Goodbye Babyline » a été réalisée en skiant l'intégralité des 1050 m de la face, sans aucun rappel et sans jamais déchausser les skis. En termes de difficulté, on est clairement un cran au-dessus de "USB-C pas gagné" ou de "Yadugaz". C'est une ligne beaucoup plus soutenue et complexe dans son cheminement. À ce jour, c'est probablement l'un des itinéraires les plus longs et les plus raides du massif du Mercantour. Une aventure complète, du sommet jusqu'au pied de la cabane.
C’est assez trompeur : depuis la vallée, le profil de l’éperon paraît presque "couché", mais une fois dedans, les contre-pentes N qu’on est obligé d’emprunter sont vraiment raides et fuyantes. C’est l’inverse de l’effet d’optique habituel : ici, la verticalité se révèle vraiment quand on a les ski au-dessus du vide.