Jägerhorn: Arête S

Montée (4h30-5h30 depuis Gornergrat)

Depuis le Gornergrat (accès en train), parcourir la crête sur quelques dizaines de mètres afin de rejoindre les pentes S raides que l’on descend ensuite à ski, pour prendre pied sur le glacier supérieur du Gornergletscher. On remonte ensuite le Gornergletscher (marquage aux piquets) en son centre en évitant les zones crevassées jusqu’à environ 3200 m. On contourne ensuite le Nordend (à distance raisonnable, attention aux chutes de séracs!) pour se diriger vers le Jägerhornn (direction E, puis SE). On arrive sur un plateau au pied du Jägerhorn (3600 m). Les 300 derniers mètres de dénivelé jusqu’au col se font dans une pente raide en zigzaguant entre les crevasses qui barrent l’entrée du Jägerjoch. On accède alors au Jägerjoch (3916 m, dépôt de skis), col neigeux, d’où se dévoile une vue plongeante sur la face E du Mont Rose.

Depuis le Jägerjoch, escalader les quelques blocs rocheux entassés (facile) pour accéder au bivouac Città di Gallarate (3960 m). Si l'envie est là, une petite paroi bien prisue permet de gagner facilement l'avant-sommet S. La plupart des cordées s'arrêtent ici, notamment au printemps (à skis) où l'arête S est parfois encore recouverte de neige.

Même chemin que pour la montée à skis jusqu'au Jägerjoch, puis jusqu'au sommet S. Il faut ensuite descendre quelques mètres dans la brèche, composée de quelques blocs de rochers détachés pas forcément très stables. On atteint ainsi le ressaut incontournable de l'ascension: la montée au sommet N. Au pied du sommet N, le crux s’escalade par la droite (cotation V) : on se tient debout dans la ligne de l’arête, et à l’aide de petites prises, on se déplace élégamment sur la droite pour franchir le ressaut. On trouve un piton taillé et une cordelette sur une pierre calée pour la descente en rappel en haut du ressaut.

Descente (3h30-4h30 jusqu'à Zermatt)

Par le même chemin ou bien, une variante intéressante consiste à descendre par le Findelgletscher via le Stockornpass. Après la descente en rappel du sommet N, on désescalade facilement pour retrouver le Jägerjoch. De là, la belle descente raide permet de remettre pied sur le Gornergletscher. On longe alors le plat pour atteindre le Stockhornpass, et descendre à skis tout le Findergletscher. On rejoint alors les pistes de ski de Zermatt où plusieurs options sont possibles: en saison, on peut prendre la remontée mécanique Gant-Blauherd et descendre à skis jusqu'à Zermatt, ou bien remettre les peaux de Gant jusqu’à Sunnegga (env. 100 m de dénivelé positif) et descendre par les pistes de ski jusqu’à Zermatt.

Une autre option consiste à rester le plus longtemps possible sur la ligne de dénivelé de 2300 m sur la descente du Findergletscher, et de longer les pistes de la station en tâchant de perdre le moins d’altitude possible pour ensuite accéder au chemin raquettes qui mène jusqu’à Riffelalp. Depuis Riffelalp, le train permet de rejoindre Zermatt. Cette option a l’avantage d’éviter de remettre les peaux.

Niché dans l’ombre du Nordend, le Jägerhorn (3970 m) est un sommet tout à fait méconnu des alpinistes. La popularité des sommets avoisinants (Nordend, Pointe Dufour, Cima di Jazzi) en font une destination rarement parcourue, bien qu’il offre un panorama majestueux sur le versant italien du Monte Rosa. Le Jägerhorn comprend un sommet N et un sommet S: le sommet N rocheux est formé par deux éminences dont la plus septentrionale est le point culminant, tandis que le sommet S, aussi rocheux et inférieur de 1.5 à 2 m, est le plus facile d’accès. Le Bivacco Città di Gallarate s’adosse au sommet S, qui peut ainsi être parcouru depuis le bivouac par une portion d’escalade facile sur l’arête S. Pour atteindre le sommet N depuis le sommet S, on accède facilement au collet après le sommet S. Ensuite, un pas d’escalade (V) permet aux cordées les plus aguerries d’atteindre le point culminant du Jägerhorn.

La difficulté de la course (AD) est principalement concentrée dans le passage d'escalade sur le sommet N du Jägerhorn. Celle-ci baisse nettement si on décide de s'arrêter au sommet S.

Au printemps, si l'arête S est encore couverte de neige, l'escalade du sommet N peut se révèler être une entreprise ardue (le mur étant peu prisu, il n'y a pas de fissures pour protéger). Se déneige cependant rapidement due à son exposition S.